Zoom sur le formaldéhyde
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Zoom sur le formaldéhyde
Zoom sur le formaldéhyde

La pollution de l’air intérieur en France a fait l’objet de nombreuses études depuis près de dix ans. Les campagnes de mesures (2003-2005) de l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI) dans les logements et les lieux fréquentés par le public ont rendu compte de l’ampleur du problème. Sans pour autant que des mesures effectives soient prises par les pouvoirs publics afin de réduire les taux de ces substances omniprésentes dans les intérieurs. L’une d’entre elles, le formaldéhyde, est pourtant sous haute surveillance.

Le formaldéhyde est l’un des polluants le plus présent dans l’air intérieur, au point d’être jugé "hautement prioritaire" au niveau tant européen que national. Préoccupant à plus d’un titre : il est omniprésent, à des taux très élevés et ses effets toxiques sont reconnus. Le formaldéhyde sert de liant dans les produits du bois (aggloméré, panneaux de particules..), la laine de verre, les mousses isolantes, les colles, les peintures et les vernis. Il est utilisé comme apprêt pour les tissus d’ameublement, désinfectant dans les produits ménagers, conservateur dans les cosmétiques. Il est retrouvé dans les jouets, les peluches et les habits des poupées, avec leurs robes froufroutantes qui ne font pas un pli. Lors des tests réalisés par WECF au cours des discussions sur la "directive européenne sur la sécurité des jouets" la quasi-totalité des jouets testés contenaient du formaldéhyde.

Rien d’étonnant qu’il soit retrouvé dans tous les logements investigués par l’OQAI (567 habitations), et que les taux les plus élevés se situent dans les crèches et les écoles (entre 46µg et 60µg/m3 d’air en moyenne, avec des concentrations supérieures à 100µg/m3 mesurées dans certaines classes contre une moyenne comprise entre 20µg et 80µg/ m3 dans les logements). Les casiers, petites chaises, et étagères, mais aussi les produits d’entretien (ou encore les fournitures scolaires) contribuent fortement à cette exposition dans les lieux accueillant les enfants.

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Les risques pour la santé

Depuis son classement par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), en 2004 comme cancérigène certain (groupe 1) sa nocivité, revue à la hausse, ne fait plus de doute (cancérigène pour le naso-pharynx, il est aussi impliqué dans l’apparition des leucémies).

A très faibles doses, c’est-à-dire dès 10µg m3 d’air, concentrations auxquelles les populations sont largement exposées, c’est un irritant des yeux, du nez, et de la gorge. Toux, rhinites, éternuements, larmoiements sont les signes subtils mais bien repérés de ses effets irritatifs.
Autre propriété reconnue, c’est un allergisant, en sensibilisant tant les muqueuses que la peau, il prépare "le terrain". Enfin, il est associé à la multiplication par deux, au cours des vingt dernières années, en Europe, du nombre de cas d’asthme infantile. Chaque augmentation par palier de 10µg/m3 d’air dans les habitations est reliée à une hausse de 3% du risque d’asthme chez l’enfant.

Sur le front de l’interdiction

Voici plusieurs années que l’association de consommateurs UFC Que Choisir tire la sonnette d’alarme et demande son interdiction pure et simple, estimant que toute émission de formaldéhyde est inquiétante. En 2003, l’association teste des commodes en bois aggloméré issues de 12 enseignes différentes. Le constat est sans appel : il n’est pas possible de respirer un air sain dans une chambre après l’installation de ces commodes. Pire : parmi les trois commodes les plus émissives, deux provenaient d’enseignes spécialisées "enfant". Au bout d’une journée, elles relarguent l’une et l’autre, 45µg/m3 et 98µg/m3 d’air et un mois après, 34µg/m3 et 66µgm3 d’air. Suivront les tests sur les émissions des désodorisants et autres parfums d’ambiance, dont l’UFC pointera là encore (entr’autres) les taux de formaldéhyde.
En septembre 2009, l’association fait connaître les résultats de ses tests sur les émissions après la pose de moquette. Les colles sont la source principale des importantes concentrations trouvées (Voir sur le site les solutions pour la pose de moquette). Dans la foulée, l’UFC prend position (voir "La position de l’UFC Que choisir") en demandant l’interdiction des produits cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR), et que le public soit informé par un étiquetage... qui se fait attendre.

Promis de longue date, sans cesse repoussé

A la suite du classement du formaldéhyde comme cancérigène certain par le CIRC le ministère de la Santé saisit l’Afsset. Et demande à l’Agence une évaluation des risques en particulier pour les enfants, le repérage des matériaux les plus émissifs et des recommandations dont une valeur guide c’est-à-dire le seuil estimé comme sûr. En 2007, l’Afsset propose 10µg/m3 d’air pour une exposition sur le long terme et 50µg pour une exposition de 2 heures.

Il faut cependant rappeler que d’autres autorités sanitaires comme Santé Canada ou le programme européen INDEX ont fixé cette valeur en exposition chronique à 1µg/m3 d’air,en tenant compte des populations sensibles comme les plus jeunes enfants. Ce qui n’a pas paru pertinent pour le groupe de travail de l’Afsset.

Enfin, le premier Plan national santé environnement (2004-2008) prévoyait déjà un étiquetage des matériaux de construction pour le formaldéhyde "Mettre en place un étiquetage sanitaire et environnemental des matériaux de construction (Action 15, PNSE 1). Cela devait se faire sur une base volontaire (c’est-à-dire non contraignante), afin de parvenir à l’horizon 2010 à la moitié des produits étiquetés pour leurs émissions de COV et de formaldéhyde. Le PNSE 2 prévoit à présent, "à partir de 2011, la mise en place progressive d’un étiquetage obligatoire relatif aux émissions (COV et formaldéhyde) des produits de construction et de décoration". L’ensemble de ces mesures étant renvoyé à la publication de décrets. Il semble urgent d’attendre.

Alors en attendant, quelles alternatives ?

Des mesures de réduction des concentrations de formaldéhyde dans les matériaux et produits de construction et de décoration ont déjà été prises en Europe. Par exemple, depuis 1977, en Allemagne, à la suite du constat des taux importants de formaldéhyde dans les écoles.
Alors en France, en attendant qu’une règlementation soit prise et appliquée il s’agit d’éviter les sources émissions de formaldéhyde et se tourner vers les solutions existantes. Outre les peintures naturelles, mieux vaudra privilégier pour l’ameublement, les bois bruts non traités, quitte à s’occuper soi-même de leur décoration (avec des produits non émissifs ou le moins possible). Les tapis exigent après leur achat, une aération maximale (Que Choisir recommande de laisser les tapis dehors une quinzaine de jours). Enfin, se méfier des produits ménagers Et surtout, aérer au minimum 15 minutes de préférence 3 fois par jour, toutes les pièces de la maison.

Anne-Corinne Zimmer

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