WECF en direct du Congrès FIGO - Interview n° 2 -Tracey Woodruff -Directrice du PRHE / UCSF
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WECF en direct du Congrès FIGO - Interview n° 2 -Tracey Woodruff -Directrice du PRHE / UCSF
07.10.2015
WECF en direct du Congrès FIGO - Interview n° 2 -Tracey Woodruff -Directrice du PRHE / UCSF

En direct du colloque FIGO à Vancouver, WECF vous propose une interview du Dr Tracey Woodruff, directrice du Programme de Santé Reproductive et de l’Environnement(PRHE) de l’Université de Californie San Francisco (UCSF). Un programme unique en son genre au sein duquel les recherches se concentrent sur l’impact de l’environnement sur la santé reproductive : le thème de l’Appel lancé tout récemment par la Fédération Internationale des Gynécologues Obstétriciens.

Question : En tant que directrice du Programme de santé reproductive et de l’environnement de l’UCSF, pensez-vous qu’il est important que des professionnels de santé s’engagent à agir pour réduire les expositions à des substances chimiques toxiques ?

Oui, tout à fait. D’autant plus qu’ils constituent une source d’information pour les patients et sont également des porte-paroles respectés dans les domaine de la santé, qui bénéficient de la confiance du public.

Question : Avez-vous constaté une augmentation de maladies ou troubles qui pourraient être liés avec une exposition à des produits chimiques dangereux ?

Les praticiens et professionnels de santé le constatent auprès de leurs patients. Ils soupçonnent que des facteurs externes jouent un rôle dans la progression de ces maladies, telles que par exemple l’autisme ou les troubles de déficit de l’attention, hyperactivité, etc. Il reste du travail pour évaluer l’étendue des liens de causalité entre ces pathologies et les expositions à des produits chimiques toxiques.

Question : Existe t-il des collaborations entre le PRHE (ndlr- Programme de Santé Reproductive et de l’Environnement) et des professionnels de santé ?

Nous avons mené des études dans 3 cliniques. en 2008, nous avons réalisé des prélèvements d’échantillons biologiques chez des patients touchés par des troubles de la santé reproductive, pour documenter les niveaux de PBDE [une catégorie de retardateurs de flammes bromés] chez des femmes enceintes. Les taux de PBDE retrouvés dans ces échantillons prélevés sur des femmes enceintes en Californie sont les niveaux les plus élevés au monde. Nous avons constaté, après un changement de législation- qui avait poussé à l’utilisation de ces produits par le passé - une chute de 50% de ces niveaux de PBDE. Le changement de normes et de législation influence bien la contamination des organismes par des polluants. Cet exemple illustre bien l’efficacité que peuvent avoir les politiques publiques.

Question : Que pensez-vous des perturbateurs endocriniens ? L’Union européenne développe une initiative pour les réglementer, qu’en est-il aux Etats-Unis ?

Nous n’avons rien de tel à ce qui existe en Europe. Il existe au sein du TSCA (Toxics Substances Control Act - la législation sur les produits chimiques toxiques) un programme de "screening" (évaluation) mais qui n’a quasiment jamais été appliqué depuis sa création en 1996. Il s’est montré inefficace à ce jour.

Question : Devrait-on aborder les perturbateurs endocriniens de manière particulière par rapport à d’autres substances chimiques du fait de leurs propriétés ? Que pensez-vous du critère de "puissance" (potency en anglais) mis en avant par certains industriels par exemple ?

Si vous voulez parler des faibles doses et des effets de mélanges de substances, les perturbateurs endocriniens ne sont pas les seuls concernés : les substances mutagènes également agissent ainsi.
En réalité il serait plus sage d’évaluer les faibles doses de toutes les substances chimiques, car il n’y a pas de seuil d’exposition : plus clairement, une fois que nous connaissons les propriétés, nous pouvons ensuite réglementer de la manière appropriée.
Le critère de puissance n’a pas de sens : pourquoi l’utiliser ? Pourquoi y aurait-il des perturbateurs endocriniens faibles et d’autres forts ? Cette notion est scientifiquement inappropriée. Il faut considérer les expositions, sans cela ce critère n’a pas de sens.

Interview réalisée et traduite de l’anglais par Elisabeth Ruffinengo pour WECF.

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