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15.04.2013
Toxiques d'hier, d'aujourd'hui et de demain

Si le plomb, le mercure, le cadmium, les PCB, le DDT et bien d’autres produits et substances dont les effets sont connus de longue date font encore partie de notre environnement et continuent donc à contaminer également nos organismes, la mise sur le marché et le remplacement de substances par d’autres implique une multiplication des polluants et rend les problèmes d’autant plus complexes.

Toxiques d’hier : des données en quantité industrielle
Le Professeur Philippe Grandjean, qui mène de longue date des travaux visant à mettre en évidence en particulier les effets irréversibles des expositions précoces à des polluants sur le développement cérébral de l’enfant, et qui enrichit régulièrement les débats par ses analyses pertinentes - à l’image par exemple des "7péchés capitaux de l’épidémiologie" (2008) n’hésite pas à qualifier de science ad nauseam la parution de données portant systématiquement sur les mêmes substances ou produits au fil du temps. Ce sont en effet très souvent les mêmes toxiques qui font l’objet d’études.

Toxiques d’aujourd’hui : des données parcellaires mais une précaution qui s’impose
Les nouveaux polluants ou alternatives sont-ils pour autant moins néfastes que les anciens ? Difficile à dire, tant l’absence de données de toxicité est parfois flagrantes on le constate par exemple dans des dossiers de substances chimiques en ligne sur le site de l’Agence européenne des produits chimiques. Par exemple, l’inventaire concernant les substances et mélanges soumis à classification et étiquetage mentionne "manque de données" ou "données concluantes mais insuffisantes pour classification" pour de nombreux types de dangers (toxicité orale aigue, sensibilisation cutanée, etc.) : ainsi donc des substance peuvent être non classées parce qu’il n’a jamais été procédé à des recherches sur un certain type de dangers qu’elles représentent. Or, c’est bien connu : on ne trouve que ce que l’on cherche !

Les alternatives non toxiques : la seule issue valable
Une conclusion s’impose donc pour éviter de remplacer un toxique par un autre : c’est l’application du principe de précaution et le souci de cohérence. Par exemple, des substances à la structure similaire peuvent laisser supposer des effets analogues. Les alternatives au bisphénol A appartenant à la famille des bisphénols sont un bon exemple : ainsi, "en l’absence de données scientifiques complémentaires, l’Agence [ANSES> n’encourage pas à utiliser d’autres bisphénols comme solution de substitution au bisphénol A."

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