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RoundUp: la fin de la vente libre dans les jardineries françaises pour bientôt?

C’est lors d’une émission télévisée que la ministre de l’écologie Ségolène Royal a annoncé vouloir "l’interdiction de la vente en libre-service dans les jardineries du désherbant Roundup". Une annonce qui a été reprise par les médias, et également suscité une réaction de l’association Générations Futures, dans un communiqué demandant plus de précisions sur le contour de la mesure. Nesting décrypte pour vous le sens de cette annonce, qui survient quelques mois après la classification par le CIRC (centre international de recherche sur le Cancer) du glyphosate - ingrédient du Roundup - comme "cancérogène probable pour l’être humain".

Qu’a vraiment annoncé Ségolène Royal ?
Dans son annonce, la ministre de l’écologie mentionne "le Roundup" la "vente en libre service" et les "jardineries". Le périmètre de la mesure paraît donc délimité ainsi :

  • le Roundup, herbicide fabriqué par la multinationale Monsanto, le plus vendu au monde et qui contient du glyphosate - ingrédient récemment classé par le CIRC "cancérogène probable pour l’être humain". Il ne s’agit donc pas d’interdire la vente libre de tous les produits contenant du glyphosate, ce qui aurait pu être plus cohérent et logique. Cette mesure serait donc un premier pas.
  • la vente libre : ce deuxième élément fait référence à l’accès du produit Roundup de manière libre, c’est à dire, sans qu’il soit rangé dans un rayon spécifique par exemple verrouillé comme c’est le cas pour certains produits (lames de rasoir par ex.), ou encore à son accès sans l’intermédiaire d’un vendeur spécialisé, voire formé sur cette question. Actuellement en France, on achète des pesticides exactement comme tout produit de "consommation", que ce soit dans une jardinerie ou dans une grande surface par exemple. Ce n’est donc pas une interdiction pure et simple de la vente de ce produit qui est envisagée, mais plutôt un encadrement.
  • les jardineries  : c’est le troisième élément de la proposition : il s’agit donc de viser les jardineries. Certes, ce sont les surfaces de vente de pesticides les plus répandues, mais du Roundup et de nombreux autres produits contenant du glyphosate sont aussi vendus par exemple en grande surface - en 2013, lors de son enquête biocides, WECF France l’avait constaté.
  • le grand public : implicitement, la mesure vise exclusivement le grand public. En effet, c’est lui qui fait ses achats dans les jardineries, contrairement aux professionnels, qui ont généralement des circuits de distribution différents. Au niveau de la législation, il est classique de distinguer au niveau des expositions à des produits (potentiellement) dangereux entre professionnels et grand public : le grand public étant censé être moins à même de prendre des précautions d’usage ou de disposer d’une connaissance particulière que les professionnels. Mais est-ce toujours le cas ? Et la logique de protection de la santé humaine ne voudrait-elle pas qu’on renforce aussi la protection des travailleurs, notamment exposés de manière plus récurrente et plus aigue à certains produits ? Des membres de WECF France ont constaté un usage du glyphosate, par exemple par des sociétés d’entretien d’espace vert dans des jardins d’immeubles privatifs.

Nesting décrypte la réaction de l’association Générations Futures, spécialisée sur les pesticides
L’association Générations Futures a rapidement réagi en demandant une clarification sur l’annonce de la ministre de l’écologie, et soulignant que :

  • le projet de plan Eco-Phyto 2 qui est en consultation actuellement, prévoit "l’interdiction au 1er janvier 2018 de la vente en libre service et sur internet des pesticides pour les jardiniers amateurs" (page 32 du futur Plan) : le plan Ecocphyto 2 (le 1er couvrait 2008-2018) vise donc l’ensemble des pesticides, la vente libre service et internet et ne précise pas de lieu de vente tel que "jardinerie" : les dispositions du plan sont donc bien plus larges que ce qui est annoncé par la ministre. Par ailleurs, le communiqué conjoint de Stéphane le Foll et Ségolène Royal du 11 juin dernier qui énonce que "à compter du 1er janvier 2018, que l’accès aux produits phytosanitaires pour les jardiniers amateurs ne puisse plus se faire que par l’intermédiaire d’un vendeur certifié et compétent en matière de lutte intégrée" ne fait que reprendre le contenu du projet EcoPhyto 2.
  • la loi dite Labbé (du nom du sénateur à l’origine de cette proposition de loi), prévoit "L’interdiction d’utilisation des produits phytopharmaceutiques à venir en 2022 pour les jardiniers amateurs" (page 35 du futur Plan) : ainsi, les jardiniers amateurs ne pourraient plus acheter ces produits en 2018, et pourraient les utiliser jusqu’en 2022. Ici, Générations Futures demande à la ministre de clarifier la date d’échéance d’interdiction de la vente en libre-service : elle serait selon les dernières informations du 1er janvier 2016 ce qui constituerait une avancée par rapport à la date de 2018 inscrite dans Ecophyto 2.
  • enfin, comme le précise Nadine Lauverjat de Générations Futures "nous aurions souhaité une interdiction visant le glyphosate en agriculture également, au vu du classement du CIRC établi en mars dernier". une mesure qui apparaît de bon sens à WECF, puisque protéger la santé des populations c’est protéger à la fois le grand public et les professionnels.

Pour l’instant le contour des mesures qui seront réellement appliquées reste donc très flou.

Et pendant ce temps chez nos voisins allemands...
En Allemagne, la chaîne REWE Group et sa filiale Baumarkt DIY Stores a annoncé cesser la vente de produits contenant du glyphosate en septembre 2015.Ainsi, depuis le 11 mai, la chaine ne commande plus ces produits à ses fournisseurs. En France, la chaine de jardineries Botanic a dès 2008 déjà retiré les pesticides de ses rayons. Gageons que l’ensemble des jardineries retirera les produits contenant du glyphosate de ses rayons, au plus tôt : une mesure qui serait bénéfique à la santé des 17 millions de jardiniers amateurs français qui utilisent encore pour un grand nombre d’entre eux du glyphosate, puisqu’ils en achètent dans l’ensemble près de 2000 tonnes/an.

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