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Question : Bonjour. nous avons suivi, pour notre fille, 16 mois, toutes les prescriptions vaccinatoires de sa pédiatre, faute de connaissances et d'information. Je continue à m'interroger sans trouver de réponse, et j'aimerai quand même bien, avant de fai

Réponse

Bonjour,

Je vous réponds avec du retard, mais étant donné que votre question concerne la vaccination nous avons dû consulter notre Comité d’experts avant de vous répondre.

Vous trouverez ci-dessous d’une part l’analyse d’un membre de notre comité d’experts et une interview du Dr Floret, président du Comité de Vaccination du Haut Conseil de Santé Publique.

En tant que parent, vous avez surtout droit à prendre un consentement éclairé sur cette question - j’espère que ces analyses vous aideront dans votre prise de décision.

Analyse d’un membre de notre comité d’experts
Vaccins : entre choix personnel et santé publique

La liste des recommandations du calendrier vaccinal s’allonge quasiment chaque année. Mais quelles sont les obligations pour le jeune enfant ? Doit-on éviter certains vaccins ? Un cas de conscience parentale.

L’obligation
- La France a longtemps été le pays européen qui imposait le plus de vaccins au cours des premières années de l’enfant. Depuis 2007, la seule vaccination réellement obligatoire en France (hormis les cas professionnels non traités dans cet article) est le DTPolio (combinant les vaccins anti- diphtérie-tétanos-poliomyélite).
Sauf que le retrait du marché en juin 2008 du DTPolio à la suite de réactions allergiques inhabituelles n’a plus guère laissé d’autre choix que de se tourner vers les vaccins combinant au DTPolio, la coqueluche et l’antihaemophilius. Ces deux derniers vaccins sont seulement recommandés, mais quid de la loi qui ne fait obligation que pour les seuls DTPolio.

Ensuite, le rappel à 6 ans, du DTPolio est lui aussi seulement recommandé et non obligatoire. Attention ! Et en cas de pénurie (comme en 2006, 2008) du vaccin combiné DTPolio, le vaccin « à dose réduite » d’anatoxine diphtérie « pourra être utilisé ». Or, mieux vaut savoir que cette dernière indication a une autorisation de mise sur le marché (AMM) provisoire. Ce qui signifie qu’il doit encore faire ces preuves.

Les recommandations
- Il est généralement admis que l’utilisation de vaccins multiples (contenant plusieurs valences) potentialise les risques d’effets secondaires de chaque vaccin. Quoiqu’il en soit, les pédiatres prescrivent, sauf volonté parentale, un vaccin DTPolio comprenant aussi un antihaemophilus, responsable des méningites bactériennes, et/ou un anti-coquelucheux. Ils sont pentavalents. Les parents devront préciser le type de vaccin qu’ils souhaitent. Il s’avère pourtant difficile pour les parents de prendre le risque de refuser le vaccin contre l’haemophilius influenza b, où le risque de séquelles n’est pas négligeable (15% de surdité). A noter : après l’âge d’ 1 an, la vaccination en une seule dose suffit (vaccin HIB) et après 5 ans, elle n’est plus nécessaire.

- Le vaccin anti-coquelucheux est systématiquement injecté avec le DTPolio. Depuis 1998, on tente aussi de vacciner davantage les adultes contre la coqueluche. Une recrudescence est observée chez les adolescents et les adultes avec des formes de coqueluches atypiques. Elles sont plus ou moins atténuées en raison des vaccins reçus durant l’enfance. Et s’avèrent aussi plus difficiles à diagnostiquer. D’où les risques accentués de transmission aux nourrissons de moins de 4 mois où elle prend des formes sévères qui doivent être surveillées. Or, l’immunisation du bébé n’interviendra que 4 mois après les deux premières injections (95% d’immunisation après la troisième injection aux environs de 16 mois et pour une durée de 8 ans). Avant l’apparition de la vaccination, les mères transmettaient au nourrisson leurs anticorps. Avec la vaccination, cette immunité naturelle a disparu, d’où les recommandations visant à répéter les vaccinations à l’âge adulte afin de diminuer les risques de transmission aux nourrissons. Un cercle peu vertueux, en somme.

La coqueluche est une toxine qui se combat bien avec des antibiotiques, mais comme toutes les autres maladies infantiles ses formes graves peuvent dégénérer en encéphalites avec des risques de séquelles.
- Depuis 2007, le BCG, vaccin anti-tuberculeux n’est plus obligatoire. Il reste recommandé pour les enfants dits « à risques », ceux vivant en Ile-de-France, par exemple, plus touchée que d’autres régions.

Il faut savoir cependant que le BCG ne cible pas le bacille de Koch responsable de la tuberculose pulmonaire, la plus répandue, mais d’autres souches du virus (tuberculose méningée et disséminée). L’efficacité du vaccin est estimée autour de 75% chez les nourrissons et il atténuerait les formes graves des tuberculoses.

Néanmoins, l’annonce de la fin de l’obligation du BCG a du soulager quelques médecins et pédiatres qui, depuis 2006, refusaient de l’administrer. A cette date, le Monovax a été remplacé par l’injection intradermique BCG SSD. Parmi les effets secondaires souvent notés, qui ont refroidi quelques ardeurs vaccinales : l’apparition dans les mois suivants d’une boule indurée et purulente, au point d’injection (sans douleur pour l’enfant).
Notons que la tuberculose pulmonaire se soigne, elle, avec des antibiotiques. Et chacun s’accorde à reconnaître que cette maladie a régressé dès le XIXè siècle partout où les conditions d’hygiène et de vie se sont améliorées. Et ce, bien avant la mise au point du BCG en 1921 et sa généralisation en France à partir des années 1960.

- La campagne de vaccination contre l’Hépatite B a été lancée en 1996 avec un mot d’ordre « le baiser qui tue », soit la transmission se fait par la salive…information fausse qui a paniqué la population. Au point qu’il faut encore le redire : le sang et les rapports sexuels sont les uniques modes de contamination confirmés dans les pays occidentaux.

Ceci permet de mieux juger le moment opportun pour vacciner l’enfant. Ou pas.

De nombreux médecins s’étaient prononcés pour la poursuite d’une campagne de vaccination en direction uniquement des personnes à risques (toxicomanes, professionnels de santé,..). Les chiffres connus en 1994 par le réseau des dons de sang font état de 0,2% de la population atteinte par une hépatite B. Mais les parents sont-ils prêts à prendre le risque ? Un cas de conscience d’autant plus éprouvant qu’une nouvelle campagne de vaccination a de nouveau mis en avant, de façon totalement biaisée, les chiffres de l’hépatite B, au moment où est mis sur le marché le vaccin hexa valent (6 valences avec le DTP obligatoire). Il faut rappeler ici que les accidents post-vaccinaux pour l’hépatite B ne sont et n’ont été reconnus par les tribunaux français que dans les cas où il y a obligation de vaccination comme pour les professionnels de santé. Or le REVHAB en recense plus de 2000.

Rougeole, oreillons, rubéole (ROR). La suspicion à l’égard de ce vaccin trivalent en raison d’une hypothèse sur l’apparition d’autismes après vaccination a entraîné une baisse de la couverture vaccinale et les autorités sanitaires souhaitent la renforcer, face à des foyers de rougeole qui se multiplieraient : France, Suisse, Canada, Etats-Unis. La gravité relative de cette maladie infantile réside dans ces complications avec un décès sur 10 000 et les risques de séquelles. Celles que peuvent laisser les oreillons sont la surdité ou la stérilité masculine. Les enfants non vaccinés sont en fait protégés parce que les autres le sont argumentent le corps médical. Une logique de choix individuel qui, d’un point de vue de santé publique, atteindrait là ses limites.
Quoiqu’il en soit, la question des conservateurs et des adjuvants qui composent les vaccins reste entière. Les effets post-vaccinaux rares mais réels sont bel et bien notés pour chaque vaccin dans la notice, qu’il convient de lire avec attention. Les mises en garde doivent être lues avec attention et les choix doivent être faits en toute connaissance de cause.

Anne-Corinne Zimmer, membre du Comité d’experts Nesting

Interview du Dr Floret, président du Comité de Vaccination du Haut Conseil de Santé Publique

Q : Il ne reste plus qu’un vaccin obligatoire (DTP). Mais dans les faits, il est administré avec 3 autres valences et les pédiatres n’informent pas les parents sur cette distinction entre les vaccins obligatoires et ceux qui ne le sont pas. N’est-ce pas imposer des vaccinations ? Et n’y-a-t-il pas plus d’effets indésirables ?

Réponses : L’avantage c’est de piquer le moins possible le jeune enfant puisqu’il y a une acceptabilité limitée à renouveler le nombre de piqûres. C’est un confort pour le médecin et pour les parents. Et cela permet d’assurer une meilleure couverture vaccinale. Cela dit, vous avez raison, il est quasiment impossible d’obtenir un DTP seul. Mais la France est un des seuls pays au monde à avoir recours à la vaccination obligatoire, ce qui n’a pas de sens d’autant que l’on risque davantage, de nos jours, de mourir de la rougeole que de la diphtérie. Mais j’estime inadmissible que les médecins vaccinent sans expliquer l’acte. La vaccination doit être justifiée, expliquée et consentie. Enfin, je ne pense pas qu’il existe plus d’effets indésirables avec une piqûre qui comporte plusieurs vaccins. Ce qui est difficile, c’est d’obtenir une efficacité de chacun. Mais lorsqu’ils ont reçu une autorisation de mise sur le marché, c’est que leur efficacité est démontrée.

Q : Sachant que la contamination par l’hépatite B ne se fait que par voie sexuelle ou sanguine, comment justifier les campagnes de vaccination qui visent les nourrissons ?

R : Nous n’avons jamais mis en avant les risques de contamination par ce virus pour les bébés, mais plutôt l’efficacité de ce vaccin s’il est administré dans l’enfance, au plus tard à 13 ans, selon le schéma complet. On estime alors qu’ils sont protégés à vie contrairement à ceux qui l’ont reçu dans l’adolescence ou à l’âge adulte.

1) Le Comité technique des vaccinations est placée auprès du Conseil supérieur d’hygiène publique de France (CSHPF). Il détermine les stratégies vaccinales et propose les adaptations du calendrier vaccinal.

Interview de Daniel Floret, « Expliquer l’acte », Président du Comité technique des vaccinations (1).

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