Protections hygiéniques : entre méconnaissance et incertitudes
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Protections hygiéniques : entre méconnaissance et incertitudes
09.04.2016
Protections hygiéniques : entre méconnaissance et incertitudes

Crédit photo : 60 millions de consommateurs

Dans son numéro de mars 2016 (n°513), 60 millions de consommateurs fait le point sur la toxicité des protections féminines. L’utilisation des protections hygiéniques est une pratique ordinaire, et combien régulière, puisque les femmes utilisent ces protections en moyenne 4 jours par mois pendant près de 40 ans. Cette utilisation est-elle pour autant inoffensive ? Pas si sûr.

Qu’en est-il de la règlementation ?

Contrairement aux produits cosmétiques dont la règlementation impose d’afficher leur composition, les protections féminines ne sont pas soumises à cette obligation : rien n’oblige les fabricants à afficher la composition de leurs produits, les procédés utilisés lors de la fabrication, ou encore, les contrôles effectués.
En 2015, Mélanie Doerflinger, jeune étudiante, interroge une célèbre marque de tampons sur la composition de ses produits. Malgré l’appui de sa pétition qui rassemble près de 250 000 signatures aujourd’hui, sa demande reste toujours sans réponse.
Le mutisme des fabricants a éveillé l’attention de 60 millions de consommateurs, qui a alors testé 11 références de protections hygiéniques présents sur le marché (4 serviettes hygiéniques, 4 protège-slips, 3 tampons) : cette étude a effectivement révélé la présence de substances potentiellement toxiques dans certaines références.

Quelles sont les substances concernées ?

  • Des traces de glyphosate dans une des références

La substance active du Roundup et classée « cancérogène probable » par le Centre international de recherche sur le cancer (agence créée par l’Organisation Mondiale de la Santé), a été détectée dans l’une des quatre références de serviettes hygiéniques testées. Résultat pour le moins surprenant puisqu’il concerne une marque « bio ». Suite aux analyses de 60 millions de consommateurs, cette marque a procédé au retrait des rayons du lot concerné et a décidé de se tourner vers ses fournisseurs puisqu’un coton organique ne devrait en aucun cas contenir ces substances.

Le glyphosate dans le monde : ¿que pasa ?
Une récente étude menée en Argentine, par Damián Marino (de l’Université de Plata), montre que plus de 85% des tampons testés en contiennent. Un résultat qui n’est pas surprenant puisqu’en Argentine, le glyphosate est largement utilisé dans la culture du coton.

  • Des traces de dioxines ou dérivés halogénés dans une référence de tampons sur trois

Une substance particulièrement préoccupante dans la mesure où sa toxicité est d’ores et déjà établie –molécule classée « cancérogène avéré » par le Centre international de recherche sur le cancer de l’OMS.

  • Des traces de pesticides et composés organiques halogénés dans une référence de serviette sur quatre

Alors que la toxicité des composés organiques halogénés n’a pas été établie, elle reste toutefois potentielle, rendant leur présence indésirable. Les pesticides organochlorés sont quant à eux soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens, tout comme les dioxines.

Des teneurs extrêmement faibles… mais pas inoffensives pour autant

Si les quantités relevées sont extrêmement faibles, cela ne constitue en aucun cas une garantie de l’absence de risque. En effet, les perturbateurs endocriniens, que seraient potentiellement les dioxines et pesticides organochlorés, peuvent agir à des doses très faibles. C’est en réalité la combinaison de ces substances qui est susceptible de multiplier leur action : c’est ce qu’on appelle « l’effet cocktail »… De plus, pour évaluer précisément les risques auxquels les femmes sont exposées, il faut considérer les propriétés chimiques des parties intimes en contact avec ces produits. Interrogé par 60 millions de consommateurs, le docteur Jean-Marc Bohbot, infectiologue et directeur médical de l’Institut Fournier précise qu’une étude approfondie en ce sens est indispensable compte tenu de leur « perméabilité très sélective en fonction des substances ».

Au regard de cette étude, il convient donc de réaffirmer la nécessité d’approfondir les travaux scientifiques en la matière, mais aussi celle de mettre en place une règlementation contraignante pour obliger les fabricants à afficher la composition de leurs produits.
Par ailleurs, nous avons relevé l’absence d’analyses concernant les parfums dans le cadre de cette enquête. Ceux-ci peuvent être particulièrement allergisants, d’où notre recommandation d’éviter les produits parfumés, et d’autant plus concernant des produits d’hygiène intime (à ce sujet, voir notre récent rapport Cosmétiques pour bébés : encore trop de substances préoccupantes de février 2016).

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