Portrait d'expertes : Dominique Guizien, membre du Conseil d'Administration de WECF France
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Portrait d'expertes : Dominique Guizien, membre du Conseil d'Administration de WECF France
Portrait d'expertes: Dominique Guizien, membre du Conseil d'Administration de WECF France

Les membres des conseils d’administration des associations sont souvent dans l’ombre : pourtant leur rôle est crucial pour la structure auprès de laquelle ils choisissent de s’engager. WECF France est fière de vous proposer un portrait de Dominique Guizien, membre de son Conseil d’administration.

Je vous remercie de cette proposition qui m’honore et pour vous répondre,
effectivement, les membres des conseils d’administration choisissent, en général, de défendre une cause, un idéal et élisent la personne la plus charismatique, la plus expérimentée comme président–e.

Vous avez rejoint le conseil d’administration de WECF France il y a plusieurs années, comment s’est faite cette rencontre ?
Cela a commencé par un déjeuner avec la présidente, Anne Barre, et j’avoue que j’ai été très impressionnée par sa personnalité faite d’un mélange de douceur et de détermination. Très claire dans l’expression de ses idéaux, concrète dans la présentation de ses projets et si pleine de vie et de douceur. Je ne devrais peut-être pas le dire mais l’ensemble de sa personnalité m’a beaucoup plu.

Quels éléments ont été décisifs pour votre engagement ? Qu’est-ce qui vous a particulièrement touchée et poussée à rejoindre ce projet ?
En tant que féministe et écologiste, mon adhésion était déjà acquise : la création d’une association internationale suite au Sommet de Rio qui a pour souci le rôle des femmes dans le développement durable, c’est formidable dans l’idéal mais insuffisant dans la pratique car ce sont les hommes et les femmes qui sont dans les associations qui leur donnent une empreinte, leur « ADN ». Suite à cette première rencontre avec Anne Barre, j’ai également rencontré Sascha Gabizon et peu à peu l’équipe des salariées. Dès lors, il devenait logique de m’impliquer face à tant de dévouement de personnalités fortes et insuffisamment reconnues. J’ai donc voulu amener ma petite pierre de bénévolat.

Dites-nous en un peu plus sur votre parcours professionnel, vos convictions et les combats que vous avez menés et continuez de porter.
Ce n’est jamais facile de parler de soi. De formation je suis historienne et juriste en droit international. J’ai commencé à militer très jeune dans le combat des droits des immigrés puis des femmes lors de la création de l’embryon du MLF, nous étions une dizaine, que j’ai quitté ensuite car ses membres dirigeantes avaient des préoccupations trop centrées sur la situation des femmes en Europe. Je me suis donc plus investie dans l’action militante du MLAC ; A l’époque, nos combats n’étaient pas évidents au MLAC 14 de Paris : il fallait emmener les femmes qui souhaitaient avorter, voir d’abord un médecin et dire tout simplement « je souhaite avorter ». Cela nous posait bien sûr, un problème de conscience. Je crois d’ailleurs que nous avions été les premier(e)s à investir les services gynécologiques des hôpitaux …avant de les prendre en charge. Et cela uniquement, pour celles qui ne nous arrivaient pas en situation dramatique après avoir eu affaire « aux avorteur(e)s ».
Parallèlement, il y avait également les combats pour le développement du dialogue Nord-Sud avec au centre la question des transferts de technologies, le « Know How » le savoir faire, débat d’ailleurs toujours d’actualité. En effet, le savoir-savoir n’a jamais coûté aussi cher. Il y a enfin le combat pour les droits de l’homme et dans ce domaine, le déclic fut, pour moi le Coup d’Etat au Chili, en 1973 : je n’ai pas compris comment et pourquoi on pouvait ainsi faire de la torture une arme systématique contre les démocrates ou les opposants.
Ma vie professionnelle a été évidemment marquée par ces engagements militants : de stagiaire à l’Union des Avocats Arabes, je suis devenue l’adjointe du secrétaire général chargée des relations internationales A. Youssoufi et à ce titre représentant permanant auprès du Conseil économique et social des Nations-Unies. Ce fut le début d’un parcours professionnel et militant dans les organisations internationales.

La journée internationale des droits des femmes s’est tenue le 8 mars, quel message souhaitez-vous délivrer à ce sujet ?
Mon message s’inscrit dans une longue tradition qui commence en France, à la Révolution, avec Olympe de Gouges, mais que ce combat n’est pas qu’un combat d’Européennes ou d’Américaines dont les premières manifestations politiques furent les mouvements des « suffragettes ».

Il ne faut pas oublier que le premier livre consacrée aux droits des femmes est écrit par une anglaise fin 18 ième par Mary Wollstonecraf « Défense du droit des femmes  ».

Il nous faut défendre l’égalité des sexes, des races en se souvenant des premiers combats féministes menées par des femmes telles qu’au 7 ième siècle, en Afrique du Nord La Kahina, revendiquée par les trois grandes religions monothéistes ; Elle est considérée aujourd’hui comme une féministe.

Vers les années 1830 en Inde, Lakshmî Bâî, souveraine en Inde du nord fut une héroïne de la guerre d’indépendance et de résistance à la colonisation anglaise, on peut aussi citer Élisa Lemonnier, fondatrice de la première école pour toutes.
En Europe, Nathalie Duval qui créa avec Elisabeth Dmitrieff, en avril, l’Union des femmes ; c’est un des premiers mouvements féministe qui revendiquait le droit de vote et l’égalité salariale.

Le combat des femmes n’est qu’une facette du combat plus général contre les inégalités que celles-ci soient dues au genre, à la race, à l’origine sociale ou aux convictions religieuses et philosophiques. Hélas, nous en sommes si loin de l’égalité et je dirais même, dans une phase inquiétante dans différentes parties du monde où nous constatons tous les jours que les inégalités progressent en même temps que se développent les intolérances.

Comment voyez-vous la situation des droits humains dans le monde ? Avez-vous le sentiment qu’au XXIème siècle un long chemin reste à parcourir et qu’un recul est observé ? Quelles lueurs et signes positifs voyez-vous notamment dans les projets portés par des femmes ?
Le mouvement de progrès sur le plan des conventions internationales et de la prise de conscience de l’humanité pour normaliser les droits humains, en cours depuis plusieurs décennies, semble s’enrayer. Je crains que nous soyons entrés dans une phase de régression à multiples dimensions due à la médiocrité des comportements opportunistes, le manque d’ambition des dirigeants politiques qui, bien que conscients des dangers qui nous guettent, tolèrent les plus graves violations des droits de l’homme par le reniement de certains principes fondamentaux, des idéaux démocratiques de dignité, d’égalité et de respect de l’autre.

Dans le monde que cela soit dans le domaine éducatif, économique, environnemental, plus grave aujourd’hui on s’emploie à détruire la planète dans tous les domaines. Par ailleurs, le monde n’a jamais eu des différences sociales aussi importantes.

La lueur d’espoir, à mon sens, viendra des populations elles-mêmes, qui dans les territoires où elles vivent, mettent en place des collectifs d’entraide et de défense citoyenne de l’environnement et les femmes sont souvent, dans ces cas, les « lanceuses d’alerte » celles qui font bouger, celles qui font prendre conscience, celles qui combattent la haine et cherchent à créer du lien ou d’autres s’ingénient à ériger des barrages.

Les attentats de Paris en janvier ont provoqué un sursaut en France qui a vu surgir une forme de violence dont elle se croyait à tort épargnée. Des propos qu’on aurait pu croire révolus, associés à un resurgissement dans la sphère publique du fait religieux sont inquiétants. Quel est votre sentiment ?
On a peut-être tort de considérer que ce qui s’est passé à Paris n’est qu’une manifestation d’intolérance religieuse. Que des préceptes religieux, mal assimilés, aient été détournés à des fins politiques est indéniable, mais dans ces drames, la religion n’est qu’un alibi utilisé, d’un côté comme de l’autre pour stigmatiser celle ou celui qui ne pense pas comme soi. Cela illustre jusqu’à la nausée ce que je disais plus haut sur la montée des intolérances. Cela doit nous interpeller comme doit nous interpeller également la facilité avec laquelle une telle argumentation, aussi pauvre intellectuellement et perverse moralement, a pu pervertir la vision du réel d’esprits insuffisamment armés pour y résister. La seule réponse durable à cela est et est reste l’Education avec un grand « E » et la transmission des valeurs de tolérance. C’est un peu notre rôle, à nous les femmes.

De nombreuses populations dans le monde sont victimes de violences et violations des droits humains ; Au-delà de l’empathie que tout un chacun peut ressentir et de l’impuissance à laquelle nous renvoient bien souvent les médias, quelles solutions ou pistes d’avenir voyez-vous ?
Lorsque des populations ont faim et que leur dignité est sans arrêt bafouée et qu’elles sont sans espoir, elles se tournent vers des extrêmes. Nous devons « hurler » sur les dangers de l’ignorance qui provoque l’incompréhension, la suspicion et de la méfiance envers l’autre.

Je prends pour moi, le préambule de la Convention de l’UNESCO “Les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix” donc par l’éducation. Le rôle des médias est essentiel il serait souhaitable qu’une Charte leur soit proposée où il serait inclus d’annoncer une bonne nouvelle face à une mauvaise avec un objectif, au moins, créer du lien et du sens.
Les informations télévisées sont complètement déprimantes, en général elles sont catastrophiques et cela fait vendre… Bien plus, pensent-ils que celles de la générosité.

Laïcité, liberté, égalité, fraternité, que vous inspirent ces termes ?
Avant tout il manque un mot : éducation. Pour le reste, tout peut se résumer par un seul mot « tolérance ».

Vous parlez souvent de « bienveillance », pourquoi ce terme est-il si important à vos yeux, et comment le mettez-vous en œuvre ?
Parce qu’étymologiquement ce mot veut dire « vouloir du bien » et qu’en même temps il sonne comme surveillance, c’est-à-dire « voir le bien ». C’est en fait les deux qui ont de l’importance pour moi : vouloir le bien pour l’autre parce que l’autre a du bien en soi. C’est une attitude de vie qui est l’antithèse de ce mal que je n’ai cessé de dénoncer ici ou ailleurs. Pour moi, l’antithèse de la bienveillance, ce n’est pas la malveillance, c’est l’intolérance.

Questions et propos recueillis par Elisabeth Ruffinengo pour WECF France.

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