Perturbateurs endocriniens : le débat continue (1)
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Perturbateurs endocriniens : le débat continue (1)
Perturbateurs endocriniens: le débat continue (1)

[crédits photos - illustration tirée du site de la Commission européenne Direction Générale de la Santé et Protection des Consommateurs]

Le dossier des perturbateurs endocriniens (PE) est un peu comme le tonneau des Danaïdes : un tonneau sans fond, qui est sans cesse alimenté. Si les débats sur le plan scientifique sont indispensables pour améliorer la compréhension de ces substances complexes qui interagissent avec un grand nombre de fonctions du corps humain, il est regrettable et déplacé de voir des données scientifiques internationalement validées au plus haut niveau remises en cause par des intérêts privés. C’est pourtant le cas du rapport sur l’état de l’art de la science sur les perturbateurs endocriniens, rendu en 2012 par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) et le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement) : les auteurs, parmi les spécialistes mondiaux des perturbateurs endocriniens, ont en conséquence dû réagir aux attaques en règle de lobbies industriels.

Attaqués, les auteurs du rapport OMS/PNUE répondent
Il aura fallu deux ans à des lobbies industriels (principalement représentants de l’industrie chimique et pesticides) - soit 2014 - pour produire une critique du rapport OMS/PNUE, ou plus précisément pour financer la rédaction d’une critique, que les auteurs spécialisés du rapport PNUE/OMS jugent "non fondée scientifiquement et non convaincante". Selon eux, la critique vise à donner l’impression fausse qu’il existe une controverse scientifique sur le sujet, pour semer le doute parmi les autorités et les bureaucrates qui ne sont pas familiers de la complexité du sujet.

Perturbateurs endocriniens : coûts sous-estimés et augmentation des maladies liées, le constat est sans appel
C’est ce que constate le rapport OMS/PNUE, entre autres. La critique issue de lobbies industriels déplore pour sa part le manque de méthode systématique pour examiner et évaluer les études, et l’absence d’une évaluation basée sur le poids de la preuve. Ake Bergman, du Swedish Toxicology Sciences Research Center (Swetox), coordonnateur et responsable éditorial du rapport PNU/OMS de 2012, juge les hypothèses du rapport issu des lobbies industriels "naïves", et estime qu’elles simplifient à outrance le débat qui a eu lieu dans la littérature épidémiologique et scientifique. Le Pr Bergman rappelle les mots du rapport OMS/PNUE : " il n’existe pas actuellement de système reconnu largement pour évaluer la solidité des preuves montrant des associations entre expositions à des PE et effets néfastes sur la santé."
Perspicace, le Dr Lamb, l’un des auteurs principaux de l’étude commandée par les industriels, admet que "des méthodes différentes mènent à des résultats différents" (sic) : les scientifiques se basent sur le principe de précaution et une approche "danger" pour mener leurs travaux, plutôt que d’utiliser une approche du risque. En effet, la différence est de taille !

Commission européenne, EFSA, Joint Research Center : quelle approche des PE ?
Les institutions européennes vont-elles se ranger derrière l’avis scientifique éclairé des experts internationaux du rapport OMS/PNUE ou au contraire intégrer dans leurs discours et finalement leurs décisions les notions de "coûts socio-économiques" "puissance" "risque" "dose-réponse" si chères aux industriels des secteurs les plus concernés par les PE ? L’EFSA, Agence de sécurité alimentaire européenne, et le Joint Research Center, deux agences scientifiques d’appui aux services de la Commission européenne dans la prise de décision sur ces questions, seraient favorables à une approche "dose-réponse" et à la prise en compte du critère "puissance"... aux antipodes des recommandations de spécialistes des perturbateurs endocriniens. Or, ce sont précisément ces éléments - effets de faibles doses, absence de seuils pour les effets, dose-réponse non linéaire, etc. qui différencient des perturbateurs endocriniens d’autres catégories de polluants, et nécessitent un travail de longue haleine de la part des meilleurs spécialistes de la question. La feuille de route de la Commission européenne, publiée en juin dernier, fait la part belle à l’analyse socio-économique et l’évaluation du risque... au risque de négliger l’essentiel qu’est la protection de la santé humaine et de l’environnement ?

A suivre : l’analyse de la feuille de route de la Commission européenne par WECF

article inspiré d’un article paru dans le journal Chemical Watch, paru le août 2015

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