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Nanomatériaux : une réglementation nécessaire

Article de Anne-Corinne Zimmer, journaliste spécialisée en santé et environnement, membre du comité d’experts WECF

Ce n’est pas un état de l’art sur les nanomatériaux, mais ça pourrait lui ressembler. L’ « évaluation des risques liés aux nanomatériaux » publiée par l’Anses fait le point des connaissances sur les nanomatériaux et rappelle la difficulté d’élaborer des méthodes de tests adaptées à la dimension nanométrique. La toxicité de certain ne fait aucun doute en particulier les nanotubes de carbone exposant les travailleurs qui les manipulent. Une règlementation européenne s’impose.

Alors que les nanomatériaux ont envahi l’ensemble des biens de consommation depuis une vingtaine d’années, le corpus d’études scientifiques pointant des toxicités diverses et variées n’a cessé de s’allonger. En toute « liberté », puisqu’aucune règlementation ne les encadre, sauf leur mention dans les produits cosmétiques. C’est pourquoi à l’issue de son « évaluation des risques liés aux nanomatériaux » réalisée dans le cadre d’une auto-saisine, l’Agence nationale de sécurité anses appelle dès à présent à un « encadrement règlementaire renforcé des nanomatériaux manufacturés au niveau européen afin de mieux caractériser chaque substance et ses usages en prenant en compte l’ensemble du cycle de vie de ces produits ». Il n’est que temps puisque chacun y exposé, à son insu depuis les années 1990 : les articles de sport, les cosmétiques, les peintures, les produits électroménagers, les pneus, l’électronique… pas un secteur n’échappe à l’heure actuelle à l’utilisation de nanomatériaux. Pour preuve, la déclaration obligatoire par les entreprises françaises, fabricant ou important des nanomatériaux, mise en place par la France en 2012 renseigne sur les volumes en 2013 et ils sont impressionnants, compte tenu de la légèreté de ces substances d’échelle nanométrique (soit un milliardième de mètre) : 500 000 tonnes de nanomatériaux ont été déclarés (280 000 tonnes de substances à l’état nanoparticulaire ont été produites et 220 000 tonnes, importées). Et encore, ce chiffre est-il une sous-estimation, puisque ni nano-argent, ni nanotubes de carbone dont l’emploi est pourtant attesté en France, n’ont été déclarés. Mais surtout, le passage en revue des données scientifiques de l’anses sur la toxicité de certains nanomatériaux confirment clairement des effets pointés depuis des années : les nanomatériaux pénètrent l’organisme par voie respiratoire, cutanée ou alimentaire. Puis ils peuvent migrer dans différents endroits de du corps, y compris, pour quelques nanomatériaux, en passant les barrières qui protègent les organes les plus sensibles, celle du cerveau mais aussi la barrière placentaire. D’ailleurs des preuves limitées (en raison du peu d’études menées) suggèrent que l’exposition in utéro pourrait provoquer une toxicité pour le développement du système nerveux, du fait de la plus grande vulnérabilité du cerveau en développement. Ils peuvent aussi persister, un fois absorbés par l’organisme, sans s’éliminer, et dans le cas des poumons pour les nanotubes de carbone, causer des réactions inflammatoires et initier une cancérogénèse. Le potentiel cancérigène des nanotubes de carbone ne fait à présent plus de doute. Les premiers concernés sont les travailleurs exposés, d’où la proposition de l’anses d’appliquer aux nanomatériaux la réglementation européenne sur la classification, l’emballage et l’étiquetage applicables aux substances dangereuses (CLP) pour la protection des travailleurs. D’autant plus nécessaire qu’il est impossible d’appliquer des méthodes standards pour évaluer leur toxicité, compte tenu de leur structure et de leurs propriétés uniques, c’est au cas par cas. Un travail d’évaluation d’une durée indéterminée…C’est d’ailleurs l’un des résultats essentiels du programme européen Nanogénotox (étudiant la toxicité sur les gènes), coordonné par l’anses qui a permis de rendre compte de cette immense variabilité des effets. Autre préoccupation tout aussi essentielle : l’étude de l’entièreté du cycle de vie des nanomatériaux. De leur fabrication, à leur utilisation en passant par leur rejet dans l’environnement, le devenir de ces substances manufacturées à l’échelle de l’atome est à l’heure actuelle, inconnu.

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A l’échelle nanométrique, soit un milliardième de mètre, les matériaux acquièrent des propriétés nouvelles et radicalement différentes de la « substances mère ». Ce qui était blanc devient translucide, ce qui était non conductible, le devient, ce qui était rouge devient vert, etc. Deux techniques sont employées : le broyage réduisant la matière à l’état de poudre nanoparticulaire, ou la technique ascendante qui assemble les atomes sous contrôle informatique, à l’image de briques, conférant formes (tubes par exemple) et taille souhaitées en fonction de la configuration recherchée

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