Nesting, Protégez votre enfant en créant un intérieur sain Un programme WECF Nesting
Les nanos, késako?

L’auteur : Xiaolin JI-CHEVREUIL a reçu une formation en médecine généraliste en Chine, elle est Docteur en Sciences de la Faculté de Médecine de Paris Est-Créteil ,spécialiste des particules ultrafines/nanoparticules, des risques sanitaires et industriels, elle nous éclaire sur le sujet complexe de la présence de nano-particules dans nos produits du quotidien...

Les « nanos », kézaco ?

Les nanotechnologies désignent la science qui consiste à concevoir, produire et exploiter des structures et des appareils ayant une dimension de l’ordre de 100 nanomètres ou moins. Un nanomètre est un milliard de fois plus petit qu’un mètre (10-9 mètre). Il correspond environ à la taille de 4 atomes de silicium mis côte à côte, à 1/100 de la largeur d’une molécule d’ADN, à 1/50 000 de l’épaisseur d’un cheveu humain ou encore à 1/500 000 de l’épaisseur du trait d’un stylo à bille.

Des nanoparticules « manufacturées » et « non-manufacturées »
Selon leur origine, les particules ultrafines peuvent être classées en « manufacturées » et « non-manufacturées ». Les particules ultrafines « manufacturées », aussi communément appelées « nanoparticules », sont produites intentionnellement et intégrées à des nanomatériaux.
Les particules ultrafines de taille nanométrique « non manufacturées » sont présentes depuis toujours dans l’environnement. Elles sont émises par des sources naturelles (Ex : volcanisme, feux de forêts, etc.) ou par des sources anthropiques « non-intentionnelles » (Ex : combustions, échappements de voiture et de l’industrie, etc.).

Quels sont les avantages des nanotechnologies ?
Dans les matériaux :
Les nanoparticules peuvent permettre d’obtenir des surfaces et des systèmes plus solides, plus légers, plus propres et plus « intelligents ». On les utilise déjà pour produire des verres de lunettes résistants aux rayures, des peintures qui résistent aux craquelures, des revêtements anti-graffiti pour les murs, des écrans solaires transparents, etc.

Dans l’automobile :
On peut les utiliser pour améliorer la sécurité des voitures, par exemple en augmentant l’adhésion des pneus à la route, en améliorant la rigidité des châssis ou en empêchant les éblouissements ou la formation de buée sur les écrans ou les vitres.

Dans le domaine médical :
Des stratégies thérapeutiques sont en cours de développement. Les nanomatériaux peuvent notamment permettre d’améliorer les médicaments actuels, de délivrer des médicaments sur mesure uniquement à des organes précis, utilisant le transfert de médicaments via des nanovecteurs directement vers les zones à traiter, dans la lutte contre le cancer en particulier.

Dans le domaine alimentaire :
Elle peut être utilisée en vue d’améliorer le goût ou la texture des aliments, de réduire la teneur en lipides, ou d’encapsuler les nutriments pour empêcher la dégradation des vitamines durant la conservation des aliments. La nanotechnologie peut aussi être utilisée en vue de fabriquer des emballages qui permettent de conserver les aliments plus longtemps. Un des principaux buts des nano-emballages est d’obtenir une plus longue vie des produits dans les rayons.

Dans le secteur textile :
Dans ce domaine la nanotechnologie est utilisée afin d’améliorer la qualité du tissu et de développer des propriétés mécaniques intéressantes telles que « anti-bactériennes », « anti-tâches », « anti-odeurs », etc.

Dans les cosmétiques :
Les nanotechnologies permettraient d’améliorer les propriétés des produits cosmétiques telles que l’efficacité, la tenue, la transparence, etc. Les nanoparticules présentes dans l’écran solaire peuvent atténuer les rayonnements UV par une combinaison d’absorption, de déflection et de diffusion de la lumière, ce qui permet non seulement de rendre les crèmes solaires transparentes mais aussi d’augmenter l’efficacité d’absorption des rayonnements UV ; de plus, la présence de nanoparticules dans un produit solaire favorise son adhérence sur la peau.

Où sont les nanoproduits dans notre vie quotidienne ?
Des produits de consommation tels que les écrans solaires, les fibres, les textiles, les teintures et les peintures contiennent déjà des nanoparticules. Les nanoparticules peuvent également être utilisées dans certaines technologies alimentaires et énergétiques, ainsi que dans certains produits médicaux et pharmaceutiques.
Concernant le marché des produits de consommation issus de la nanotechnologie, aucun inventaire n’est disponible sur le plan national en France à l’heure actuelle. Au niveau européen, l’ANEC (the European Association for the Co-ordination of Consumer) et le BEUC (the European Consumers’ Organisation) ont réalisé un inventaire de nanoproduits en 2010. Dans cet inventaire, 475 produits sont déclarés comme contenant des nanomatériaux.

Au niveau international, dans le cadre du NanoTech Project, le Woodrow Wilson Institute (USA) mène un inventaire qui répertorie plus de 1 600 nanoproduits de 30 pays différents sur le marché mondial.
Selon la mise à jour de l’inventaire d’octobre 2013, 1628 nanoproduits sont enregistrés. Ces produits sont répartis dans les catégories suivantes :
• Santé et fitness : 788 produits (48%*) ;
• Maison et jardin : 221 produits (14%*) ;
• Automobile : 142 produits (9%*) ;
• Alimentation et boisson : 194 produits (12%*) ;
• Produits transversaux : 83 produits (5%*)**
• Électronique et informatiques : 61 produits (4%*) ;
• Produits pour enfants : 29 produits (2%*).
* pourcentage du total de produits enregistrés dans la base de la mise à jour d’octobre 2013.
** La catégorie « transversal » (cross cutting) a été définie comme un groupe de produits possèdant des multi-fonctions.

Concernant l’ensemble des matériaux mentionnés dans les produits de consommation issus de la nanotechnologie, la répartition des matériaux utilisés est dans l’ordre :
L’argent, le titane (dioxyde de titane inclus), le carbone (nanotubes et fullerènes), la silice, le zinc (oxyde de zinc inclus) et l’or.

La nanotechnologie est-t-elle dangereuse ?
La petite taille des nanoparticules peut comporter de nouveaux risques pour la santé de l’homme et d’autres espèces. En effet, les mécanismes de défense humains habituels peuvent ne pas être capables de réagir adéquatement à ces particules manufacturées, lesquelles peuvent avoir des caractéristiques jamais rencontrées auparavant. De plus, les nanoparticules peuvent également se disperser et persister dans l’environnement, et donc avoir un impact sur celui-ci.

Quels sont les potentiels effets néfastes des nanoparticules ?
Les nanoparticules inhalées peuvent se déposer dans les poumons et peuvent ensuite potentiellement migrer vers d’autres organes comme le cerveau, le foie et la rate. Chez les femmes enceintes, il est possible qu’elles atteignent le fœtus. Certains matériaux pourraient devenir toxiques s’ils sont inhalés sous la forme de nanoparticules.
Les nanoparticules inhalées peuvent provoquer une inflammation des poumons ainsi que des problèmes cardiaques. A l’exception des particules dans l’air qui atteignent les poumons, les connaissances relatives au comportement des nanoparticules dans le corps sont encore minimales.

Comment reconnaître les nanoproduits de consommation ?
L’étiquetage des nanomatériaux n’est obligatoire qu’en Europe, et pour quelques catégories de produits seulement : les cosmétiques depuis juillet 2013, les biocides depuis septembre 2013 ; l’alimentation ne sera concernée qu’en décembre 2014.

Les méthodologies actuelles d’évaluation des risques des nanoparticules sont-elles adéquates ?
Actuellement, les méthodes existantes d’évaluation des risques liés aux nanoproduits et leur processus ne sont pas suffisantes pour aborder tous les risques. Les méthodes existantes utilisées pour l’évaluation de l’exposition environnementale ne sont pas encore nécessairement appropriées.

Références :

1- FAO/OMS, FAO/WHO Expert meeting on the application of nanotechnologies in the food and agriculture sectors : potential food safety implications, 2011, Rome.

2- Journal du net. Des textiles intelligents. Ces nouveaux produits à base de nanotechnologies

3- Georgia Miller and Rye Senjen, OUT OF THE LABORATORY AND ON TO OUR PLATES, in Nanotechnology in Food & Agriculture2008, Friends of the Earth Australia Nanotechnology Project.

4- ANSES, évaluation des risques liés aux nanomatériaux pour la population générale et pour l’environnement, in les nanomatériaux2010, Agence de sécurité sanitaire : Paris.

Site web de l’ANSES(données AFSSET)

Scientific Committees of the European Union, http://ec.europa.eu/health/scientif...

Site web de l’Union européenne, http://ec.europa.eu/consumers/archi...

European Food Safety Agency, http://www.efsa.europa.eu/fr/topics...
et http://www.efsa.europa.eu/fr/press/...

Reporterre, novembre 2013

http://www.nanotechproject.org/cpi/...

Vous avez aimé cet article ?
Alors partagez-le avec vos amis en cliquant sur les boutons ci-dessous :

En savoir plus
02. Public professionnel Vous êtes un/e professionnel/le de santé ou de la petite enfance, gagnez du temps avec un concentré d’informations ! >>
04. Forum animateur Nesting Le forum animateur Nesting est l’outil dédié au animateurs et animatrices Nesting ! >>
03. Aller plus loin avec MA maison MA santé MA maison MA santé, c’est un programme d’ateliers-rencontres proposés par WECF France. On y parle des polluants de la maison et de leurs impacts sur la santé, pour (...) >>
Plan du site
 
 
 
 
Mentions légales & Crédits | Contacts | Flux RSS | Copyright 2009-2014