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Le casse-tête de la vaccination infantile : entre choix personnel et santé publique

La liste des recommandations du calendrier vaccinal s’allonge quasiment chaque année. Mais quelles sont les obligations pour le nourrisson et le jeune enfant ? Doit-on éviter certains vaccins ? Quelle est leur efficacité ?
Un cas de conscience parentale.

La France a longtemps été le pays européen qui imposait le plus de vaccins au cours des premières années de la vie de l’enfant. Depuis 2007, la seule vaccination qui demeure réellement obligatoire en France (hormis les cas des professionnels de santé, non traités dans cet article) est le DTPolio (combinant les vaccins anti- diphtérie-tétanos-poliomyélite).
Sauf que le retrait du marché, en juin 2008, du DTPolio à la suite de réactions allergiques inhabituelles n’a plus guère laissé d’autre choix que de se tourner vers les vaccins combinant au DTPolio, la coqueluche et l’antihaemophilius b, soit, 5 vaccins en une seringue. Ces deux derniers ne sont pourtant que "recommandés". Alors quid de la loi qui ne fait d’obligation que pour les seuls DTPolio ? D’autant que vient de s’ajouter dans la dernière version de ces vaccins, une sixième valence : celle de l’hépatite B (voir plus bas).
Ensuite, le rappel, à 6 ans, du DTPolio est recommandé mais non obligatoire. Attention ! En cas de pénurie (comme en 2006, 2008) du vaccin combiné DTPolio, le vaccin « à dose réduite » d’anatoxine diphtérie « pourra être utilisé ». Or, mieux vaut savoir que cette dernière indication a une autorisation de mise sur le marché (AMM) provisoire. Ce qui signifie qu’il doit encore faire ces preuves.

Les recommandations

Il est généralement admis que l’utilisation de vaccins multiples potentialise les risques d’effets secondaires de chaque vaccin. Quoiqu’il en soit, les pédiatres prescrivent, sauf volonté parentale, un vaccin DTPolio comprenant aussi un antihaemophilus, responsable des méningites bactériennes, et/ou un anti-coquelucheux. Ils sont pentavalents. Les parents devront préciser le type de vaccin qu’ils souhaitent. Il est pourtant difficile de prendre le risque de refuser le vaccin contre l’haemophilius influenza b, où le risque de séquelles n’est pas négligeable (15% de surdité). A noter : après 1 an, la vaccination en une seule dose suffit (vaccin HIB) et après 5 ans, elle n’est plus du tout nécessaire.

- Le vaccin anti-coquelucheux est systématiquement injecté avec le DTPolio. Depuis 1998, on tente de vacciner davantage les adultes contre la coqueluche. Une recrudescence est observée chez les adolescents et les adultes avec des formes de coqueluches atypiques. Elles sont plus ou moins atténuées en raison des vaccins reçus durant l’enfance. Et s’avèrent aussi plus difficiles à diagnostiquer. D’où les risques accentués de transmission aux nourrissons de moins de 4 mois où elle prend des formes sévères qui doivent être surveillées. Or, l’immunisation du bébé n’interviendra que 4 mois après les deux premières injections (95% d’immunisation après la troisième injection aux environs de 16 mois et pour une durée de 8 ans). Avant l’apparition de la vaccination, les mères transmettaient au nourrisson leurs anticorps. Avec la vaccination, cette immunité naturelle a disparu, d’où les recommandations visant à répéter les vaccinations à l’âge adulte afin de diminuer les risques de transmission aux nourrissons. Un cercle peu vertueux en somme.

La coqueluche est une toxine qui se combat bien avec des antibiotiques mais comme toutes les autres maladies infantiles, dans ses formes graves, elle peut dégénérer en encéphalites avec des risques de séquelles.

- Depuis 2007, le BCG, vaccin anti-tuberculeux n’est plus obligatoire. Il reste recommandé pour les enfants dits « à risques », ceux vivant en Ile-de-France, par exemple, plus touchée que d’autres régions. Il faut savoir cependant que le BCG ne cible pas le bacille de Koch responsable de la tuberculose pulmonaire, la plus répandue, mais d’autres souches du virus (tuberculose méningée et disséminée). L’efficacité du vaccin est estimée autour de 75% chez les nourrissons et il est censé atténuer les formes graves des tuberculoses.

Néanmoins, en 2008, l’annonce de la fin de l’obligation du BCG a du soulager quelques médecins et pédiatres qui, depuis 2006, refusaient de l’administrer. A cette date, le Monovax a été remplacé par l’injection intradermique BCG SSD. Parmi les effets secondaires souvent notés, qui ont refroidi quelques ardeurs vaccinales : l’apparition dans les mois suivants d’une boule indurée et purulente, au point d’injection (sans douleur pour l’enfant).
La tuberculose pulmonaire, quant à elle, se soigne avec des antibiotiques. Et chacun s’accorde à reconnaître que cette maladie a régressé dès le XIXè siècle partout où les conditions d’hygiène et de vie se sont améliorées. Et ce, bien avant la mise au point du BCG en 1921 et sa généralisation en France à partir des années 1960.

- La campagne de vaccination contre l’Hépatite B a été lancée en 1996 avec un mot d’ordre « le baiser qui tue ! », soit, la transmission se fait par la salive…information fausse, évidemment, mais qui a paniqué la population. Au point qu’il faut encore le redire : le sang et les rapports sexuels sont les seuls et uniques modes de contamination confirmés dans les pays occidentaux.

Ceci permet de mieux juger le moment opportun pour vacciner l’enfant. Ou pas.

De nombreux médecins s’étaient prononcés pour la poursuite d’une campagne de vaccination contre l’hépatite B, en direction uniquement des personnes à risques (toxicomanes, professionnels de santé,..). Les chiffres connus en 1994 par le réseau des dons de sang font état de 0,2% de la population atteinte par le virus de l’hépatite B. Mais les parents sont-ils prêts à prendre le risque ? Un cas de conscience d’autant plus éprouvant qu’une nouvelle campagne de vaccination il y a quelques mois, a de nouveau mis en avant de façon biaisée les chiffres de l’hépatite B, au moment même où est mis sur le marché le nouveau vaccin hexavalent pour nourrisson comprenant 6 valences avec le DTP obligatoire.

Il faut rappeler ici que les accidents post-vaccinaux qui ont eu lieu avec le vaccin anti-hépatite B n’ont été reconnus en tant que tels par les tribunaux français que dans les cas où il y a « obligation de vaccination » comme c’est le cas pour les professionnels de santé. Or le REVHAB, l’association des victimes de la vaccination anti-hépatite B recense plus de 2000 cas.

Rougeole, oreillons rubéole.
La suspicion à l’égard de ce vaccin trivalent a entraîné une baisse de la couverture vaccinale et les autorités sanitaires souhaitent la renforcer face à des foyers de rougeole qui réapparaissent : France, Suisse, Canada, Etats-Unis. La gravité de cette maladie infantile réside dans ces complications avec un décès sur 10 000 et les risques de séquelles. Celles que peuvent laisser les oreillons sont la surdité ou la stérilité masculine. Les enfants non vaccinés sont en fait, selon certains médecins, protégés parce que les autres le sont. Une vaccination indirecte en somme. Une logique individuelle qui d’un point de vue de santé publique a ses limites.
Quoiqu’il en soit, la question des conservateurs et des adjuvants qui composent les vaccins restent entière.
Les effets post-vaccinaux rares mais réels sont bel et bien notés pour chaque vaccin dans la notice, qu’il convient de lire avec attention. Les choix doivent être faits en toute connaissance de cause.

Anne-Corinne Zimmer

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