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19.09.2016
Fusion Bayer-Monsanto: pourquoi le nouveau géant de l'agrochimie est-il une menace?

Prises séparément, les entreprises Monsanto et Bayer s’étaient déjà illustrées par de nombreux scandales en matière de pollutions chimiques et d’atteintes graves à la santé des populations et des écosystèmes : Roundup, glyphosate, OGM pour l’une et pesticides néonicotinoïdes pour l’autre, pour ne citer que quelques exemples. Alors, depuis que les deux entreprises ont annoncé leur fusion, mercredi 14 septembre, beaucoup d’encre coule à leur sujet. Les craintes liées au rachat de l’américain Monsanto par l’allemand Bayer sont nombreuses, et justifiées au vu du secteur concerné, de la taille et des agissements passés des deux entreprises.

Quand 2 géants de l’agrochimie qui fusionnent
La fusion s’élève à 59 milliards d’euros. Bayer compte quelques 117 000 employés, notamment actifs à la fois dans le secteur des semences et pesticides, mais aussi dans le secteur pharmaceutique. Monsanto lui avec ses 20 000 employés, est le leader des OGM au niveau mondial, et le fabricant de l’herbicide "Roundup", classé cancérogène probable par le CIRC (OMS). En 2015, Bayer a réalisé un chiffre d’affaires de 46,3 milliards d’euros, dont 30% liés à ses activités touchant au secteur des céréales/semences. Monsanto a pour sa part atteint en 2015 un chiffre d’affaires de 15 milliards de dollars. Les entreprises estiment que la fusion leur permettra de "réaliser plus d’investissements, disposer de meilleures capacités et proposer de meilleurs produits aux agriculteurs, pour qu’ils puissent augmenter leurs rendements...", selon les termes d’un représentant de Monsanto.

Un géant qui détiendra 1/4 du marché des pesticides et semences mondial
Avec la fusion, le nouveau géant met la main sur 1/4 du marché des semences et pesticides dans le monde : on comprend que le chiffre inquiète. Les autorités de la concurrence européennes, allemande et américaine vont devoir examiner si la fusion risque d’aboutir à des prix anormalement élevés de ces produits au niveau mondial. Le département de la justice américain a déjà enquêté sur les "possibles pratiques anti-concurrentielles" de Monsanto ces dernières années, mais sans retenir de charges. La commissaire européenne à la concurrence Margrethe Vestager a annoncé que ses services allaient s’assurer qu’il n’y ait pas de situation de monopole suite à ce rachat, affirmant qu’elle souhaite que "les agriculteurs aient le choix après la fusion".

Vives inquiétudes du côté des scientifiques, des défenseurs de l’environnement et de la souveraineté alimentaire
Adrian Bebb, Responsable des campagnes alimentation et agriculture pour les Amis de la Terre, explique que la fusion "menace de renforcer l’agriculture industrielle au détriment de la nature, des paysans et des populations", et met en garde, estimant que la nouvelle "méga-entreprise fera tous pour implanter ses pesticides néfastes et ses semences OGM dans nos campagnes".
Pour Vandana Shiva, "la fusion menace le printemps indien" : revenant sur l’exemple de l’Inde, elle explique comment les OGM de Monsanto ont ruiné l’agriculture du pays, en s’imposant illégalement, et en faisant exploser les prix, poussant ensuite les paysans à l’échec, et parfois au suicide. Le gouvernement indien agit actuellement pour défendre à la fois sa terre, les règles de la concurrence, de la fixation des prix. La menace d’une "moutarde OGM" mise au point par Bayer fait craindre une mise en cause du "printemps indien" - la couleur de la moutarde, ingrédient essentiel de la cuisine indienne - symbolisant la culture culinaire du pays.

Pour WECF, comme pour beaucoup d’ONG, de scientifiques et de défenseurs du droit à la souveraineté alimentaire, à la préservation de la biodiversité, des ressources naturelles et de la santé des populations, la fusion Bayer-Monsanto est une très mauvaise nouvelle : le secteur de l’agrochimie met la main sur ce que nous avons de plus précieux : notre alimentation, et risque d’étrangler un peu plus des agriculteurs et paysans devenus dépendants des firmes de l’agrochimie, dont les produits polluent gravement les sols, portent de graves atteintes à la santé humaine, animale et végétale, et ont déjà entamé la biodiversité, pourtant indispensable à la vie sur terre.
Le secteur agrochimique se concentre de plus en plus entre les mains d’un petit nombre : récemment a eu lieu la fusion Dow Chemical/DuPont actuellement examinée par Bruxelles, et est également prévu le rachat du semencier suisse Syngenta par le chinois ChemChina.

sources :
Washington Post, article du 14 septembre 2016
Le Monde, interview de Vandana Shiva du 14 septembre 2016
La France agricole, article du 16 septembre 2016
The Guardian, article du 14 septembre 2016
Le Figaro, article du 15 septembre 2016

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