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23.01.2013
Fuite de mercaptan - Pas de danger: respirez et souriez, on s'occupe de tout!

Hier matin 22 janvier, dès 7h, les journaux radio tels que France Inter prenaient la précaution de préciser : "Vous habitez entre Rouen et la région parisienne, si vous sentez une odeur nauséabonde, ne vous inquiétez pas, il n’y a aucun danger." Le message a été martelé afin d’éviter une panique dans la population, qui n’est pas souhaitable, bien entendu. Cependant, n’était-il pas souhaitable d’émettre des recommandations de prudence ou de confinement pour les riverains et les personnes asthmatiques et aux voies respiratoires sensibles ? Un match de football a été annulé, et la sous-préfecture de Seine-Maritime a activé le Plan Particulier d’Intervention. Que penser de la gestion des risques chimiques en France ? A t-on vraiment progressé ?

Le mercaptan : inoffensif ?
L’éthyl mercaptan est un composé liquide ou gazeux transparent ou jaunâtre, à l’odeur de souffre, qui est utilisé comme un additif et marqueur olfactif pour le gaz de ville notamment. Il peut irriter les yeux, les voies respiratoires, le nez la gorge. Les cas graves d’intoxication, si de fortes doses sont respirées, peuvent causer des maux de tête, nausées, voire des troubles plus graves. Pour l’instant, il est d’ailleurs difficile d’avoir des informations sur la composition exacte du gaz libéré. On manque également d’informations sur les concentrations dans l’air aux alentours.

Fuite de mercaptan chez Lubrizol : 1990 et 2012, bis repetita

Il est intéressant de noter que l’usine Lubrizol n’en est pas à son premier incident avec le mercaptan : en 1990, une fuite de la même substance avait eu lieu sur le site de l’usine, déjà classée Seveso. Des mesures n’auraient-elles pas été prises pour éviter un second épisode similaire ? Aujourd’hui, c’est la perte de contrôle d’un processus chimique qui serait à l’origine de l’échappement de ce gaz dans l’air. En 2005, la société Lubrizol, selon le magazine "Usine nouvelle", a pourtant investi 15 millions d’euros sur le site de Rouen, siège social européen du groupe. Ces investissements ont-ils concerné les mesures de sécurité du site ?

Un communiqué conjoint des Ministères de l’Ecologie et de l’Intérieur indique que les seuils de mercaptan ayant des effets sanitaires sont 20 000 fois en-dessus du seuil olfactif. Pour autant, la Ministre de l’Ecologie, interrogée par France 3, estime que "les travaux pourraient prendre du temps". La société Lubrizol a commencé les opérations visant à résoudre la fuite.
Le Ministère de la Santé précise d’ailleurs que " certaines personnes plus sensibles ont pu ressentir les symptômes suivants : maux de têtes, vertiges irritations oculaires et respiratoires superficielles (en particulier pour les asthmatiques), nausées voire vomissements. Ces symptômes sans gravité, sont passagers et ne nécessitent pas de prise en charge médicale particulière." Le journal Le Monde relate que "des Parisiens inquiets ont appelé l’AFP pour se plaindre de l’odeur et de maux de tête, tandis que sur un site Internet des centaines de personnes, habitant Paris mais aussi l’Eure, l’Essonne, les Yvelines, le Val-de-Marne ou le Val-d’Oise, évoquaient une "odeur insupportable", "maux de tête" et "nausée".

Le risque chimique et les sites Seveso en France : quelle gestion ?
Cet épisode pose une double question : la France est-elle en état de faire face et de réagir rapidement à ce type de situations qui nécessite au moins un minimum d’information de la part des pouvoirs publics ? Les quelques 421 sites Seveso répertoriés en France font-ils l’objet de contrôles suffisants et les investissements nécessaires pour assurer une sécurité optimale sont-ils réalisés par les groupes industriels concernés ?

Et quid de la pollution quotidienne générée par ces sites, qu’on finit littéralement par ne plus pouvoir sentir ? A titre d’exemple, on peut citer la plate-forme chimique de Jarrie (Isère) et le site d’Arkema, sur lequel un rapport de France Nature Environnement avait en 2009 détecté des niveaux de rejet de mercure dans l’air élevés, et suscité une réaction du Ministère de l’Environnement de l’époque. D’ailleurs, les riverains, exposés quotidiennement à des rejets de ce type, ne font pas l’objet de mesures particulières de prévention ou de précaution : ils vivent exactement comme vous et moi. Et les automobilistes qui passent près des usines ont pris l’habitude de fermer leurs fenêtres pour éviter les odeurs incommodantes. Circulez il n’y a rien à voir !
Comble du comble, un arrêt du Conseil d’Etat du 23 septembre 2011 prévoit que des travaux de protection autour de ces "ICPE", sites classés pour la protection de l’environnement pourront être mis à la charge des riverains de ces sites.

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