Décembre 2016 : premiers résultats de la cohorte Elfe sur l'exposition des femmes enceintes aux polluants environnementaux
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Décembre 2016 : premiers résultats de la cohorte Elfe sur l'exposition des femmes enceintes aux polluants environnementaux
Décembre 2016: premiers résultats de la cohorte Elfe sur l'exposition des femmes enceintes aux polluants environnementaux

En santé environnementale, les données de biosurveillance sont essentielles et fournissent des informations précieuses pour permettre ensuite de mener les politiques publiques les plus adaptées aux expositions réelles et contaminations des populations. L’étude elfe constitue le volet périnatal du programme français de biosurveillance, et cible les femmes enceintes. En décembre 2016 ont été publiés les résultats de son premier volet, portant sur les polluants organiques.

Les objectifs de l’étude Elfe
le programme de biosurveillance est financé par le ministère de la santé et les ministère de l’environnement. Il est mis en oeuvre par l’agence Santé Publique France. L’étude Elfe a pour objectif de décrire les niveaux d’imprégnation des femmes enceintes par les polluants de l’environnement, comparer ces niveaux avec ceux obtenus dans des études à l’étranger et identifier et quantifier les déterminants des niveaux d’imprégnation.
Collaborent à ce travail : l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), l’Ined (Institut national d’études démographiques) et l’EFS (Etablissement français du sang).

L’étude Elfe en chiffres

  • 18 000 couples mères/enfants suivis pendant 20 ans
  • 4145 femmes enceintes ayant accouché en 2011 pour pour le bolet biologique de l’étude Elfe

Le déroulement de l’étude Elfe

  • Recueil de données : réalisé à travers des entretiens et questionnaires pour déterminer les caractéristiques des mères (niveau socio-économique et expositions) et des prélèvements biologiques (urines maternelles, sang, cheveux maternels)
  • Réalisation des dosages de polluants : par des laboratoires Labocea (Brest), Chemtox (Illkirch), Laberca (Nantes) et le laboratoire du centre de toxicologie de l’INSPQ (Québec). Puis validation des résultats par Santé Publique France.
  • Analyses statistiques réalisées pour exprimer les résultats.

Résultats du volet "Exposition aux polluants organiques"

Bisphénol A

  • dosage réalisé sur 1764 femmes enceintes (urine)
  • 70% contaminées à des niveaux d’imprégnation inférieurs à ceux observés par le passé et similaires à des études récentes à l’étranger
  • sources de contamination : l’alimentation est la source principale (aliments emballés dans des emballages contenant du BPA, boîtes de conserve, eau en bouteille, etc.), avec l’exposition par l’air ( pollution de l’air intérieur liée au linoleum) et par le matériel médical (accouchement par césarienne)

Phtalates

  • dosage réalisé sur 992 femmes enceintes (urine)
  • 99,6% sont contaminées à des niveaux quantifiables à au moins un phtalate, à des niveaux d’imprégnation inférieurs aux études antérieures, sauf pour le phtalate DiNP (substitut du DEHP).
  • sources de contamination : alimentation (principale source), usage de produits d’entretien, de produits cosmétiques, de peinture pendant la grossesse, d’aliments riches en matières grasses ayant été en contact avec des phtalates (crèmes fraîches, glaces, entremets).

Pesticides
Rappel : la France est le 1er pays consommateur de pesticides de l’UE

  • pesticides recherchés : atrazine, glyphosate, propoxur, pesticides organochlorés, organophosphorés et pyréthrinoïdes
  • dosage réalisé chez 1077 femmes enceintes (urine). La plupart des pesticides sont peu présents, sauf les pyréthrinoïdes, présents à près de 100%, soit des niveaux supérieurs à ceux constatés à l’étranger.
  • atrazine et son métabolite et glyphosate et son métabolite dans moins de 1% des échantillons, propoxur et métabolite chez 1 mère sur 5 (faible par rapport à des études antérieures. Organochlorés retrouvés chez 1 mère sur 10 et organophosphorés chez 50% des mères. Niveaux inférieurs à des études antérieures.
  • sources de contamination : alimentation, air extérieur et intérieur et exposition cutanée en cas d’utilisation domestique de pesticides (insecticides, antipoux, antipuces), consommation de tabac et alcool, présence de certaines cultures proches du domicile

Dioxines, furanes et PCB

  • dosage réalisé sur 208 femmes enceintes (sérum)
  • 100% contaminées par des niveaux quantifiables d’au moins une substance. Pour les dioxines, les furanes et les PCB dioxin-like les niveaux sont en diminution, pour les PCB totaux, les niveaux diminuent mais sont plus élevés qu’aux USA ou au Canada.
  • sources d’exposition : dioxines et furanes formés au cours de processus thermiques (incinération de déchets), PCB utilisés par le passé dans des transformateurs électriques, encres d’imprimerie et peintures. Toutes les substances sont réglementées depuis plus de 20 ans, mais persistantes dans l’environnement.

Retardateurs de flammes

  • dosage réalisé chez 277 femmes enceintes (sérum)
  • la quasi-totalité sont contaminées par au moins un retardateur de flammes. Le BDE-209 contribue à 50% de l’exposition. Les niveaux sont plus faibles que ceux mesurés en Angleterre, USA et Canada.
  • sources de contamination : les retardateurs de flammes sont intégrés à des équipement électroniques, textiles, voitures, meubles et matériaux de construction notamment. La réglementation de l’UE est différente de celle du Royaume-Uni, des Etats-Unis et du Canada, qui eux n’ont pas réglementé certains composés aujourd’hui restreints ou interdits dans l’UE, ce qui peut expliquer les différences de niveaux de contamination. Certains retardateurs de flammes sont persistants dans l’environnement.

Composés perfluorés

  • dosage de 17 composés réalisé chez 277 femmes enceintes
  • 100% sont exposés à au moins un composé, principalement PFOA, PFOS, PFHxS, PFNA et PFDA pour 80% de l’exposition. Les niveaux sont similaires à ceux connus en France et à l’étranger
  • sources de contamination : traitements anti-tâches et imperméabilisants, textiles, enduits résistants aux matières grasses, revêtements antiadhésifs (teflon), etc.

Les premières conclusions et recommandations

  • Les niveaux d’imprégnation sont généralement plus faibles par rapport à des études antérieures menées en France et à l’étranger, sauf pour les pyréthrinoïdes.
  • Il est difficile de déterminer la causalité entre les sources d’exposition potentielles étudiées et les niveaux d’imprégnation mesurées dans une étude transversale, en raison des variabilités de concentrations au cours de la journée.
  • Les résultats doivent permettre aux décideurs et acteurs de la santé publiqe d’établir des priorités de santé publique, définir des valeurs de référence et le cas échéant des seuils sanitaires, et nourrir la recherche entre polluants et effets sanitaires.

Lexique :

biosurveillance : description de la présence dans l’organisme humain de substances chimiques de l’environnement à l’aide de dosages de biomarqueurs dans des prélèvements biologiques (sang, urine, etc.)

bisphénol A : substance chimique de synthèse utilisée pour la fabrication de plastiques polycarbonates, résines, papiers thermiques et dispositifs médicaux. Soupçonné d’être un perturbateur endocrinien (agirait sur les glandes mammaires, le système reproducteur féminin, l’obésité, le développement cérébral). Interdit en Europe dans les biberons et en France dans les contenants alimentaires. Sera prochainement interdit dans les papiers thermiques dans l’UE.

polluants organiques : les polluants organiques sont des polluants dont l’un au moins des éléments chimiques est composé de carbone, et contenant au moins l’un des composés suivants : hydrogène, halogènes, oxygène, soufre, phosphore, silicium ou azote, à l’exception des oxydes de carbone14 et des carbonates et bicarbonates inorganiques. Parmi les polluants organiques, on compte par exemple les polluants organiques persistants, un type de polluants qui a des propriétés particulièrement dangereuses en termes de : toxicité et de persistance dans l’environnement (PCB, dioxines, etc.).

pyréthrinoïdes : famille d’insecticides agissant par contact et ingestion sur une gamme très étendue d’insectes, sur toutes les cultures et à doses très faibles (perméthrine, resméthrine, sumithrine, etc.). Utilisés par exemple dans les produits anti-moustiques, les produits anti-parasitaires pour les animaux domestiques, etc.

sérum : liquide sanguin débarrassé de ses cellules et protéines de coagulation

plus d’informations sur le site de l’agence Santé Publique France

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