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Conférence environnementale 2014 - Petit lexique des faux amis de la santé environnementale
En avant-première d'un billet de Blog Huffington Post

Ça y est, la Conférence environnementale est ouverte. Cette grand-messe environnementale annuelle est regardée avec envie par nos collègues européens : elle réunit ceux qu’on nomme les « parties prenantes » - comprenez des représentants des pouvoirs publics, entreprises, syndicats, élus locaux, certaines associations, représentants des agences de santé et d’environnement qui réfléchissent à une feuille de route pour l’année à venir. C’est une occasion surtout de réunir des ministres de différents secteurs autour de sujets environnementaux, afin de faire évoluer les politiques dans ce domaine, ce qui n’est pas une mince affaire.

A cette occasion, pourquoi ne pas en profiter pour faire un petit tour des faux-amis de la santé environnementale ? Mais avant, impossible de ne pas faire une petite parenthèse :

Expert : j’écoute et presse : je n’entends rien
Quatre heures de train, vitamines, relecture des documents, prise de notes, points concrets : j’étais prête… pour jouer le rôle d’ "expert" pendant la table-ronde santé environnement, mais surprise : les experts sont placés dans une « salle d’écoute », et donc… séparés du représentant ! Voici donc une salle pleine d’ « experts » placés en salle d’écoute… qui sourient ou font la tête au gré des échanges qu’ils entendent dans leurs casques…La presse quant à elle est dans une salle sans son ni image, du moins le premier jour.

Lexique des faux amis

A comme anxiogène
Ne soyez pas anxiogène ! Il n’est pas de bon ton de passer pour le triste sire de la santé environnementale. Il faudrait donner des infos en mode "happy" pour ne pas créer de "panique" dans le grand public. Là où le bât blesse c’est que avant de donner des messages de pistes pour résoudre des problèmes liés à des pollutions, il faut d’abord poser un cadre et un enjeu : comment nier des chiffres de progression de maladies chroniques en particulier d’affections touchant les enfants - cancer, obésité, puberté précoce, etc. Ne faut-il pas s’attacher à poser le cadre rigoureusement sans avoir peur des mots ni de créer une peur éventuelle ? Quitte à assortir l’info d’un message de piste d’action à suivre pour avoir une ouverture positive et tournée vers le changement ?

C comme compétitivité
Cette notion, qui est trop souvent brandie comme étendard pour refuser une règlementation sociale, environnementale ou autre jugée trop encombrante est au cœur des débats sur le commerce, l’environnement, l’emploi et l’avenir du secteur industriel. Et elle ne nous lâchera pas, d’autant que la nouvelle Commission européenne présidée par Jean-Claude Juncker en a fait son mot-clé. Hors la compétitivité point de salut ? Mais de quoi parle t-on ? Comment définir la compétitivité ? S’agit-il de mesurer notre avantage compétitif par rapport à une zone géographique dans un marché globalisé où les ressources humaines sont des ressources comme d’autres qui sont utilisées, épuisées avant d’être jetées ? Ou ce terme est-il plutôt à redéfinir pour mesurer autre chose que la quantité de richesses, en intégrant des notions de progrès social, bien-être des populations pour mesurer cette "compétitivité". Des propositions de prix Nobel d’économie comme Joseph Stiglitz et Amartya Sen prix Nobel d’économie remettent en cause la définition actuelle de la compétitivité et plus largement les systèmes de mesurede notre économie actuelle.

C comme comportemental
Qui dit comportemental veut souvent sous-entendre individu dans les plans de santé publique. Ainsi, c’est sur l’individu que certains veulent faire reposer la responsabilité de la bonne ou mauvaise santé : alcool, tabac, manque d’activités physique sont bien connus. Autre exemple : reporter sur un agriculteur qui a "mal utilisé" son "équipement de protection" la responsabilité d’une maladie... Mai sait-on si ces équipement protègent vraiment ? la dangerosité même des produits n’est-elle pas le vrai problème ? Ici vient la responsabilité collective : c’est elle, au-delà des choix et petits gestes individuels qui permettra de faire changer la situation. L’individu en bout de chaîne est souvent tributaire d’un échelon au-dessus. Réduire à la source les pollutions par des choix collectifs, au niveau national et même européen de promotion et d’échanges de bonnes pratiques des technologies et choix "0 toxique".

E comme étude d’impact et S comme socio-économique
Comment bloquer l’adoption d’une définition et d’une stratégie européenne en matière de perturbateurs endocriniens ? En 2013, alors que la Commission européenne aurait dû adopter cette définition, des groupes de pression ont sorti l’ "étude d’impact", comprenez l’étude des impacts sur des secteurs spécifiques ; Il s’agit de faire passer des données socio-économiques sectorielles avant des objectifs de protection de la santé des populations et de l’environnement. Si on veut parler d’impacts, pourquoi ne pas considérer les bénéfices liés à la suppression de toxiques dans des produits : création d’un marché pour des innovations y compris non chimiques et non toxiques, réduction d’une part des maladies auxquelles contribuent ces polluants, etc. L’Agence européenne de l’Environnement a fait un travail remarquable, réunissant des experts internationaux dans 2 tomes intitulés "Leçons tardives et signaux précoces", parus en 2001 et 2013.

F comme faisabilité et I comme Innovation
Ils ne savaient pas que c’était impossible, donc ils l’ont fait ! Qui aurait dit qu’il était faisable de remplacer le bisphénol A dans des biberons ? Au début, les secteurs industriels concernés criaient à l’impossibilité : le BPA était irremplaçable ; Et pourtant : interdit dans les biberons en France, en Europe et dans de nombreux autres Etats notamment nord-américains, il est à partir de janvier 2015 interdit dans les contenants alimentaires. Et il en est ainsi de l’ensemble des polluants reconnus comme nécessitant leur remplacement... L’exemple du plomb est important : devant la prise de conscience de ses méfaits et sa neurotoxicité, il a été décidé d’interdire le plomb dans l’essence.... et aujourd’hui les bénéfices en dépenses sanitaires et économiques se chiffrent en milliards de dollars dans le monde entier. Nul n’a osé dire "c’est impossible". Aujourd’hui, des méthodes - plutôt que des substances par exemple - alternatives y compris innovant en mixant des savoir-faire anciens avec des conceptions et outils nouveaux, comme l’agro-écologie par exemple doivent être soutenus par les pouvoirs publics : le rythme de l’innovation - au sens large - bénéfique à la santé et la protection des citoyens ne doit pas suivre le rythme du marché, au risque de perdre un temps précieux et parfois irrattrapable lorsqu’il s’agit de polluants persistants et aux effets irréversibles.

Elisabeth Ruffinengo, responsable plaidoyer WECF France

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