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Communiqué - 27 mars 2018 - Remplacer des substances dangereuses par d'autres, similaires et potentiellement toxiques, met en danger la santé publique
27.03.2018
Communiqué - 27 mars 2018 - Remplacer des substances dangereuses par d’autres, similaires et potentiellement toxiques, met en danger la santé publique

CHEM Trust publie aujourd’hui un nouveau rapport [1], intitulé “Du BPA au BPZ : une soupe toxique ? Comment des entreprises remplacent une substance chimique dangereuse par une autre, et comment le législateur peut agir pour y mettre fin”. Le rapport souligne que l’industrie est autorisée à remplacer des substances perturbateurs endocriniens reconnus comme le bisphénol A (BPA) par des substances chimiques très similaires, potentiellement également dangereuses.

Le BPA est une substance utilisée dans les papiers thermiques, les bouteilles en polycarbonate et les revêtements de boîtes de conserve. Il est présent comme polluant dans les poussières domestiques. Ses propriétés d’imiter l’action des œstrogènes sont identifiées dès les années 30, et ces dernières années les preuves de ses effets potentiels sur la santé s’accumulent, qu’il s’agisse de son rôle dans le cancer du sein, la fertilité masculine, le diabète, l’obésité l’hyperactivité chez les enfants [2,3]. L’Union européenne (UE) a interdit son usage dans les biberons, et le remplacera prochainement dans les tickets thermiques, mais continue à l’autoriser très largement pour d’autres usages.

Quand le sujet du BPA a surgi sur la scène publique il y a environ 10 ans, les fabricants se sont efforcés de trouver des solutions de remplacement pour leurs produits. Pour beaucoup, la solution de facilité a été de le remplacer par un autre bisphénol, composé comme le bisphénol S (BPS). Aujourd’hui, des recherches montrent que ces substances chimiques contaminent de nombreuses personnes à travers le monde – et sont des perturbateurs endocriniens potentiels. Pourtant, le législateur n’a pas mis en place de réglementation pour ces substances très similaires.

Selon la Dr Paloma Alonso Magdalena, Professeure Associée de Nutrition à l’Université Miguel Hernández University de Elche (UMH) en Espagne : “ Le BPA est aujourd’hui reconnu pour ses propriétés de perturbateur endocrinien, et son spectre d’effets très large, allant des organes reproducteurs au métabolisme. Il est très inquiétant de constater qu’un certain nombre d’autres bisphénols semblent avoir les mêmes propriétés. Remplacer le BPA par l’un d’entre eux est un choix inconsidéré .”

Le rapport souligne également que la plupart des entreprises commercialisant du BPS prétendent qu’il est sans danger. Et cela alors même que le Comité d’Evaluation des Risques de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) estime que le BPS a un “profil toxicologique” similaire au BPA et ne devrait pas être utilisé comme solution de substitution [4].

Pour le Dr Michael Warhurst, Directeur Exécutif CHEM Trust : “ Le rapport montre que les populations et l’environnement ne sont pas protégées de manière adéquate face aux substances chimiques dangereuses, puisque des industriels peuvent remplacer une substance problématique par une autre. Le législateur européen doit retirer du marché des familles du substances chimiques dangereuses, plutôt que de restreindre petit à petit chaque substance individuellement. Nous ne pouvons continuer de jouer avec la santé des populations .”

Véronique Moreira, présidente de WECF France ajoute : “ WECF France s’associe aux demandes de CHEM Trust et à ses conclusions : il est temps d’arrêter les substitutions regrettables qui remplacent une substance toxique par une autre. Les mesures prises en France pour encourager la substitution [5] vont dans le bon sens. Mais nous attendons plus, notamment dans le cadre de la nouvelle Stratégie Nationale Perturbateurs Endocriniens : agir par famille de substances et non pas substance par substance est une demande à laquelle nous nous associons.

CHEM Trust adresse aujourd’hui aux deux agences européennes concernées, l’ECHA et l’EFSA (Agence européenne de sécurité des aliments) leur demandant de restreindre l’usage de familles de substances similaires, pour éviter les substitutions regrettables [6]. La seule exception pourrait être un cas où les industriels sont en mesure de fournir des données fiables montrant que la substance de remplacement n’a pas les mêmes propriétés que la substance à remplacer.

L’ECHA a débuté l’évaluation du BPS, mais demande aux industriels davantage de données de sécurité, plutôt que d’en réglementer l’usage. Selon les informations en possession de CHEM Trust, l’EFSA, responsable de la réglementation sur les emballages alimentaires, n’a pas réexaminé la toxicité du BPS ou d’autres bisphénols.

Contact presse :
Elisabeth Ruffinengo, WECF France, elisabeth.ruffinengo@wecf.eu , 04 50 83 48 13

Notes
La synthèse en français est disponible ici : http://www.projetnesting.fr/IMG/pdf...
Le rapport complet (en anglais) est consultable en ligne : www.chemtrust.org/toxicsoup

[1] CHEM Trust est un organisme britannique à but non lucratif qui agit aux niveaux national, européen et international pour prévenir les expositions à des produits chimiques de synthèse néfastes à long terme pour la santé humaine et l’environnement, et pour assurer la substitution des composés dangereux par des alternatives plus sûres. En savoir plus : www.chemtrust.org
[2] Consulter le rapport pour des informations complémentaires sur le BPA, consulter également : http://www.chemtrust.org/bisphenol-...
[3] “Prenatal exposure to bisphenol A and hyperactivity in children : a systematic review and meta-analysis”, 2018, https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed...
[4] ECHA. 2015. Avis sur le Dossier Annex XV proposant des restrictions du bisphenol A. Committee for Risk Assessment (RAC) et Committee for Socio-economic Analysis (SEAC)
[5] Guide métholologique pratique de l’évalution de solutions de substitution : https://substitution.ineris.fr/site... page dédiée à la substitution : https://substitution.ineris.fr/fr (Ineris).
[6] Les courriers sont disponibles sur www.chemtrust.org/toxicsoup

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