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Communiqué - 22 octobre 2015 - Retardateurs de flammes dans les produits de consommation : un sujet toujours brûlant de santé environnementale
22.10.2015
Communiqué - 22 octobre 2015 - Retardateurs de flammes dans les produits de consommation : un sujet toujours brûlant de santé environnementale

(illustration tirée du site internet de l’Anses)

Bien installé dans votre canapé, vous êtes-vous déjà demandé si vous étiez exposés à des retardateurs de flammes potentiellement dangereux pour la santé ? C’est la question que s’est posé l’ANSES (Agence nationale d’évaluation des risques sanitaires et environnementaux), qui publie aujourd’hui une expertise sur les retardateurs de flammes présents dans le mobilier rembourré. Cette expertise concerne des produits largement utilisés qui contribuent potentiellement à la pollution de l’air intérieur . Sur les 22 substances visées par l’étude (1), l’Agence juge que les risques pour la santé et l’environnement ne peuvent être exclus pour aucune d’entre elles, dans l’état des connaissances dont elle dispose. Elle recommande donc des méthodes alternatives aux retardateurs de flammes.

Les « nouveaux » retardateurs de flammes : vraiment sans danger ?
Plusieurs composés halogénés (bromés, chlorés, fluorés) - auparavant utilisés comme retardateurs de flammes notamment - sont identifiés par la Convention de Stockholm comme « polluants organiques persistants ». Leur interdiction se fait pas à pas aux niveaux européen et international, malgré des tentatives de dérogations (2) qui peuvent nuire à l’objectif de protection de la santé. Les produits de substitution utilisés dans les meubles rembourrés sont des retardateurs phosphorés ou d’autres familles : pour le TCPP (composé retardateur de flamme) par exemple, interdit dans les jouets mais encore utilisé dans des meubles rembourrés, l’Agence note une migration avérée dans l’air. L’agence à ce stade « n’exclut la toxicité d’aucun des composés » étudiés. Des soupçons de toxicité divers - reprotoxicité, neurotoxicité, perturbation endocrinienne, immunotoxicité, cancérogénicité, persistance dans l’environnement etc. pèsent en effet sur les substances étudiées. Au vu de ces résultats, l’ANSES recommande donc de ne pas généraliser l’utilisation des retardateurs de flammes dans les meubles rembourrés domestiques et de privilégier les alternatives à leur usage (3).

Adapter les normes de qualité de l’air intérieur à la réalité des expositions : le message de WECF
« Nous nous réjouissons que l’ANSES travaille sur un sujet sur lequel de nombreux parents nous interrogent. Ces données montrent que les normes de qualité de l’air intérieur ne ciblent pas l’ensemble des substances potentiellement émises dans l’air, alors que cela s’avère nécessaire pour connaître et prévenir les expositions des populations sensibles – jeunes enfants en lieux d’accueil petite enfance, femmes enceintes par exemple. Les propriétés toxiques potentielles des composés étudiés nécessitent l’application du principe de précaution – ce que préconise d’ailleurs l’ANSES. Nous avons également demandé le renforcement du travail en commun avec des Etats européens actifs sur les produits de consommation, comme la Suède ou le Danemark. En mai dernier lors d’un colloque, l’expert européen Ralph Baden (ministère de la santé du Luxembourg) a présenté des données sur la qualité de l’air tout à fait exploitables en France. Enfin, l’ANSES fait état de difficultés à disposer de données sur la toxicité à long terme de ces composés : c’est inacceptable, il faut que le règlement REACH joue mieux son rôle, tout comme les industriels dont certains ne jouent pas le jeu de la transparence avec les évaluateurs des risques », note Elisabeth Ruffinengo, responsable plaidoyer WECF, présente lors de la restitution de l’expertise organisée par l’ANSES ce 21 octobre.

(1) Préalablement à l’évaluation des impacts potentiels sur la santé et l’environnement des substances, l’Anses a du procéder à un tri et une enquête pour cibler les retardateurs de flammes utilisés dans les meubles rembourrés. Elle a sélectionné une liste de 22 « couples fibres-retardateurs de flammes ».
(2) Tout récemment, des ONG, dont WECF ont pris position contre une proposition d’autoriser l’usage de Deca-BDE dans des produits recyclés, aux niveaux européen et international : http://www.wecf.eu/download/2015/Se...
(3) La réglementation européenne (et française) applicable au meubles rembourrés est la suivante : le test de résistance au feu est obligatoire pour les meubles rembourrés destinés aux lieux d’accueil du public, mais pas pour ceux destinés au milieu domestique. Cette différence impliquerait un usage accru de retardateurs de flammes dans le mobilier rembourré des lieux d’accueil du public.

Contact presse :
elisabeth.ruffinengo@wecf.eu + 33 (0)4 50 83 48 13 / + 33 (06 74 77 77 00

En savoir plus : communiqué et rapport d’expertise de l’ANSES en ligne

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