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Communiqué - 22 février 2014 - Union européenne : Le temps de l'action - protéger les enfants des perturbateurs endocriniens
21.02.2014
Communiqué - 22 février 2014 - Union européenne : Le temps de l’action - protéger les enfants des perturbateurs endocriniens

Réunion de décideurs politiques à Bruxelles pour débattre du besoin d’accélérer l’action de l’Union européenne en faveur de la protection des enfants face aux expositions aux perturbateurs endocriniens

Sur la photo, de g. à d. :
De g. à d. : Martine Röhl (Ministère de l’Environnement, Belgique), Martin Seychell (DG Sanco, Commission européenne), Sascha Gabizon (WECF), Peter Korytar (DG Environnement, Commission européenne), Genon Jensen (HEAL)

Une majorité de scientifiques demande une action politique urgente pour réduire les expositions des enfants aux substances chimiques dangereuses suspectées de perturber le système endocrinien (PE), mais les progrès en la matière au sein de l’Union Européenne se font attendre. Pour le Dr Gavin ten Tusscher, qui dirige le département de néonatologie de l’hôpital Westfries aux Pays-Bas : « nous jouons avec le feu ». Pour le lancement de leur projet Life+ ChildProtect – Protéger les enfants des perturbateurs endocriniens, les ONG WECF, PAN-Europe et Gezinsbond ont organisé ce 19 février un débat sur les politiques européennes en matière de perturbateurs endocriniens avec des représentants des DG Sanco et Environnement, des parlementaires européens, des scientifiques et des ONG.

Les perturbateurs endocriniens, enjeu majeur de la politique européenne de santé et d’environnement
Les preuves sur les effets à long terme des PE sur le système hormonal des enfants s’accumulent. Les femmes enceintes exposées à ces substances chimiques au quotidien transmettent ces polluants à leur futur enfant. Les sources potentielles de contamination sont multiples, allant des plastiques, cosmétiques, ustensiles de cuisine, jouets, vêtements, produits ménagers aux fruits et légumes. L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) tout comme l’AEE (Agence européenne de l’Environnement) ont mis en évidence les dangers que représentent les PE pour la santé humaine et l’environnement. Pourtant, en dépit de l’identification de cet enjeu majeur de santé publique, le calendrier d’action ne cesse d’être repoussé.

La santé des enfants d’abord !
Des études scientifiques ont donc montré le rôle que jouent les expositions périnatales aux perturbateurs endocriniens dans la survenance de pathologies telles que certains cancers, le diabète, l’obésité, les troubles de l’attention, de la reproduction, etc. plus tard dans la vie de l’individu.
C’est le Dr. Gavin ten Tusscher, pédiatre au Westfries Gasthuis, un hôpital sans PE depuis plusieurs années, qui a ouvert les débats. Il a par exemple expliqué que « l’exposition aux PE tels que le DEHP peut être plus élevée chez les populations vulnérables ; Par exemple, des prématurés nourris par sonde naso-gastrique au cours des premières semaines de leur vie peuvent être exposés à des doses de DEHP 1000 fois plus élevées que les adultes, avec un risque d’effets irréversibles à long terme tels qu’une baisse de la qualité du sperme chez l’homme ou des pathologies de la reproduction comme l’endométriose chez la femme  ». L’American Medical Association a recommandé pour sa part à tous les établissements de choisir des matériels médicaux sans DEHP, mais encore bien peu suivent ce conseil.

Effets à long terme des PE mis en évidence
Janna Koppe, Professeur émérite de néonatologie à l’Université d’Amsterdam a présenté des études montrant les effets à long terme des PE, y compris des effets transgénérationnels. L’exposition aux PE peut avoir des effets néfastes même sur la génération des petits-enfants des personnes exposées. Eviter les PE pendant la grossesse est devenu essentiel, mais presque impossible, puisque les PE sont présents dans l’alimentation, les plastiques, les produits de beauté et les produits ménagers. C’est pourquoi une réglementation sévère pour prévenir les expositions des femmes devrait être en place. Entretemps, les femmes enceintes doivent être informées sur les PE présents dans les produits pour avoir une chance de choisir des alternatives plus saines.

Retard d’adoption de critères et d’une Stratégie européenne PE
L’UE avait prévu d’adopter sa Stratégie PE et ses critères d’ici la fin de l’année 2013 : cette échéance n’a pas été tenue, et aucune indication de calendrier n’est connue à ce jour. Sascha Gabizon, Directrice Exécutive de WECF note que “Pour chaque année de retard, c’est 5 millions d’enfants nés dans l’UE qui courent le risque d’effets irréversibles sur la santé à long terme : agir ainsi apparaît irresponsable. ». Corinne Lepage, députée européenne, qui a délivré un message vidéo aux participants estime quant à elle que « le travail des lobbies a porté ses fruits en aboutissant au report de l’adoption de la Stratégie initialement prévue pour 2013 », et souhaite que le bon sens et la protection de la santé publique l’emportent.
Du côté de la Direction Générale Santé et Protection des Consommateurs, Martin Seychell (Commission européenne) précise que les organisations de la société civile devraient pouvoir contribuer à l’étude d’impact menée cette année par la Commission sur les critères PE. Mais alors, pourquoi cette étude d’impact n’a-t-elle pas été lancée plus tôt, pour correspondre au calendrier prévisionnel, s’interrogent des participants à la journée. Hiltrud Breyer, parlementaire européenne s’est quant à elle déclarée “très ennuyée de cette approche de la DG Sanco et choquée de constater qu’en 4 ans la Commission n’avait pas évolué sur le sujet et choisi encore et toujours de repousser la prise de décision, alors même que les critères PE intérimaires pourtant adoptés, ne sont même pas appliqués. La Commission semble ainsi détricoter la réglementation existante en matière de PE à coups de retards ou de mise en œuvre défectueuse. ».

Des parents inquiets
Protéger les enfants des PE est un enjeu majeur pour un grand nombre d’organisations de la société civile et de professionnels de santé, comme l’a expliqué Genon Jensen, Directrice de HEAL, qui a présenté la campagne « EDC-Free Europe » qui vise à l’application du principe de précaution et à combler le décalage entre la science et l’aspect scientifique. Lisette van Vliet (HEAL) a quant à elle appelé la Commission à publier une Stratégie PE exhaustive aussi tôt que possible et souligné les coûts très élevés supportés par la société en cas de retard d’action dans le domaine de PE. Aux Etats-Unis, les coûts annuels liés à l’inaction sur le dossier PE sont estimés à plusieurs milliards de dollars US, selon la base de données TEDX. Les risques que font courir l’exposition aux PE pour les enfants ont amené plusieurs Etats membres à agir : Suède, Danemark, Belgique, France et Danemark en limitant l’usage du bisphénol A et de certains phtalates par exemple. Sascha Gabizon, a quant à elle demandé des un étiquetage des produits et des campagnes d’information ciblées en particulier destinées aux parents de jeunes enfants. « Juste après la diffusion d’un reportage à la télé aux Pays-Bas, nous avons été inondées de demandes. Les parents sont inquiets, ils veulent des informations sur les alternatives mais ils n’y ont pas accès et continuent à exposer involontairement leurs enfants à des PE ».

WECF souligne en particulier les points suivants :

  • Protéger les enfants en appliquant le principe de précaution par la substitution obligatoire des PE connus dans les produits pour enfants, les produits destinés aux soins de néonatologie et en établissements hospitaliers,
  • En finir avec le report des critères et d’une Stratégie européenne – chaque année 5 millions de bébés naissent dans l’UE, tout retard supplémentaire les met en danger,
  • Exiger des gouvernements européens une information aux femmes enceintes sur les PE et les alternatives et produits plus sûrs pour les éviter.

Le projet ChildProtect Life a pour objectif de protéger les enfants des effets néfastes des PE. Il s’inscrit dans les objectifs 2020 de l’UE en matière de santé publique. Le projet ChildProtect soutient l’UE dans ses efforts pour atteindre cet objectif par la mise en place d’une réglementation pour substituer les perturbateurs endocriniens.
Ce projet est soutenu par le fond Life + de la DG Environnement de la Commission européenne.

Contact :
Elisabeth Ruffinengo, Responsable plaidoyer
elisabeth.ruffinengo@wecf.eu
Téléphone : 04 50 83 48 10 / 06 74 77 77 00

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