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07.08.2018
Additifs et emballages alimentaires: mise en garde de l'Académie Américaine de Pédiatrie

Dans son édition de début août, la revue Pediatrics publie un Déclaration de l’Académie Américaine de Pédiatrie qui met en garde sur les risques pour la santé des enfants liés à la présence d’additifs dans les aliments, ou de composés présents dans les emballages alimentaires qui contaminent la nourriture. Le document propose une série de recommandations que les pédiatres peuvent émettre en direction des patients, et demande également à la FDA (la Food and Drug Administration) de modifier la réglementation en vigueur aux Etats-Unis sur les additifs alimentaires. Car si la réglementation européenne a de nombreuses lacunes, les choses sont encore plus préoccupantes outre-Atlantique.

Le contexte
Selon les auteurs, aux Etats-Unis près de 10 000 produits chimiques sont autorisés en tant qu’additifs alimentaires ou composés des emballages alimentaires. Parmi ces composés, un certain nombre de composés inquiètent quant à leurs effets sur la santé, notamment des plus fragiles que sont les enfants. En effet, proportionnellement à leur poids, les enfants consomment plus d’aliments qu’un adulte, leur métabolisme permettant la détoxification n’est pas encore totalement développé et certains organes majeurs sont encore en cours de développement, et donc vulnérables face aux perturbations.

Quelles sont les substances incriminées ?
Le rapport omet volontairement les substances qui contaminent les aliments de manière accidentelle, comme les PCB, les dioxines, les résidus de pesticides, les métaux. En se concentrant uniquement sur les additifs alimentaires et les composés des emballages, voici la liste dressée par l’Académie américaine de pédiatrie :

  • Bisphénols : il s’agit de perturbateurs endocriniens, dont certains favorisent l’obésité ou les troubles du développement neurologique. Ils sont présents dans les contenants en polycarbonate, et dans les résines époxydes des canettes et boîtes de conserve, sous forme de revêtements pour éviter la corrosion.
  • Phtalates : perturbateurs endocriniens également, ou mis en cause pour leur toxicité cardiaque et leur contribution au stress oxydatif ( qui accélère le vieillissement). Ils sont présents dans les emballages en plastique souple, les tubes en plastique, et divers équipements alimentaires utilisés pour la production et également la transformation, puisqu’on les utilise dans des colles, lubrifiants et plastifiants au cours de ces étapes.
  • Composés perfluorés (PFC) : perturbateurs endocriniens, responsables d’un faible poids à la naissance ou d’immunodépression, ils sont utilisés dans les papiers résistants aux graisses.
  • Perchlorate : présent dans les emballages alimentaires en plastique au contact de nourritures séchées et de surfaces non graisseuse, il est utilisé comme agent antistatique, ou parfois présent comme produit de dégradation de la javel utilisée pour laver les installations de transformation alimentaire. Il s’agit d’un perturbateur des hormones thyroïdiennes ;
  • Nitrites : additifs alimentaires utilisé comme conservateur et colorant, en particulier pour les viandes, il sont soupçonnés d’être cancérogènes et de perturber la thyroïde.
    En outre, les auteurs soulignent que les colorants artificiels sont mis en cause dans l’hyperactivité et les troubles du déficit de l’attention.

Une réglementation lacunaire
Plusieurs points inquiètent les auteurs :

  • Récemment, 3941 additifs alimentaires ont été examinés ; pour plus de 63% il n’existe pas de données du tout en matière d’effets en cas d’usage alimentaire. Des données de toxicologie reproductive existent seulement pour 6% d’entre eux. Les auteurs dénoncent un manque de données à combler d’urgence.
  • Le système d’autorisation des additifs alimentaires dérive d’une législation de 1958, qui a de nombreuses lacunes et ne permet pas à la FDA de disposer d’information ou d’assurer la sécurité des produits. Par ailleurs, la clause dite "GRAS" pour "Généralement Reconnu comme Sûr" destinée au départ à des ingrédients comme le vinaigre ou l’huile, qui présume que l’ingrédient est sûr et ne requiert aucune donnée ou investigation supplémentaire, est utilisé à outrance et a fini par devenir la règle qui s’applique à presque tous les nouveaux additifs : cette règle s’appliquerait aujourd’hui à au moins 1000 composés. De l’aveu même d’une enquête menée en 2010 par un office gouvernemental, la FDA n’est pas en mesure d’assurer la sécurité des additifs existants ou nouveaux.
  • Les auteurs dénoncent des conflits d’intérêt dans le peu de données évaluées et soumises par les entreprises à la FDA.
  • La FDA ne dispose pas de l’autorité pour réévaluer ou revoir les autorisations d’additifs alimentaires déjà autorisés.
  • Le caractère obsolète des recommandations de la FDA en matière de tests toxicologiques est également dénoncé.

Des recommandations pour réduire l’exposition aux additifs alimentaires
L’Académie américaine de pédiatrie émet une série de recommandations :

  • prilvilégier les fruits et légumes frais ou surgelés,
  • éviter les viandes transformés surtout pendant la grossesse
  • éviter de chauffer les aliments ou les boissons au micro-ondes
  • ne pas placer de contenants en plastique dans le lave-vaisselle
  • utiliser des alternatives au plastique
  • éviter les plastiques 3, 6 et 7
  • se laver les mains avant de toucher des aliments, et laver les fruits et légumes qui ne s’épluchent pas.

source : Food Additives and Child Health, Leonardo Trasande, Rachel M. Shaffer, Sheela Sathyanarayana and Council on environmental health, Pediatrics 2018 ;142; DOI : 10.1542/peds.2018-1408 originally published online July 23, 2018

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