8 mars 2014 : Portrait du Dr Annie Thébaud-Mony à l'occasion de la journée internationale des femmes
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8 mars 2014 : Portrait du Dr Annie Thébaud-Mony à l'occasion de la journée internationale des femmes
08.03.2014
8 mars 2014: Portrait du Dr Annie Thébaud-Mony à l'occasion de la journée internationale des femmes

Chaque année, le 8 mars est l’occasion pour WECF d’un portrait de femme qui met en lumière une femme courageuse et déterminée qui porte des convictions et agit au quotidien dans l’un des quatre domaines d’intervention de WECF, en particulier la santé environnementale. Cette année, nous vous proposons le portrait du Dr Annie Thébaud-Mony, chercheuse spécialisée sur les expositions professionnelles, notamment connue pour ses travaux sur les expositions à l’amiante et celles des sous-traitants du nucléaire par exemple. En août 2012 dernier, elle refusait la légion d’honneur pour protester contre la situation des travailleurs/travailleuses qui ne fait qu’empirer. Et en effet, lorsqu’on rencontre Annie Thébaud-Mony, on est touché par sa simplicité et sa bienveillance : portrait d’une femme qui a fait de la santé au travail son combat.

Une chercheuse spécialisée en santé au travail qui n’hésite pas à s’engager
Annie Thébaud-Mony est actuellement Directrice de recherche honoraire à l’INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale). La santé au travail est le thème principal de ses travaux ; Plus précisément ce sont les maladies professionnelles et la mauvaise santé au travail qui focalisent son attention. Née en 1944, Annie Thébaud-Mony est de la même génération que la chercheuse Annie J. Sasco, et on ne peut s’empêcher de faire un parallèle entre la carrière et les convictions des deux femmes : elles ont en commun de travailler sur des thèmes touchant au plus près la santé des populations ou des travailleurs, un parcours international qui explore les questions des inégalités de santé, une brillante carrière académique et également la volonté de faire avancer les politiques vers une prévention des expositions, n’hésitant pas au besoin à s’engager pour la défense et la réparation des dommages causés aux victimes ou encore à dénoncer les actions de lobbies qui nuisent gravement à la santé des populations. Engagement et refus de faire des concessions qui ne facilitent pas la carrière des chercheuses, soumises à diverses pressions et tensions.

Les sciences sociales, essentielles à la pluridisciplinarité nécessaire pour comprendre les problématiques santé/environnement
Encore aujourd’hui, en 2014, la conception étroite du terme "sciences" cantonne bien trop souvent les sciences sociales au second rang : ces dernières ne sont toujours pas considérées à leur juste valeur, malgré les apports nombreux qu’elles constituent. Titulaire de plusieurs prix, dont celui de revue Prescrire et de l’Association des journalistes de la presse médicale pour le livre Travailler peut nuire gravement à votre santé (2007), Annie Thébaud-Mony a également publié dans les revues International Journal of Occupational and Environnemental Health ou Revue française des affaires sociales, et est l’auteur de plusieurs ouvrages publiés aux éditions La Découverte ou PUF (voir notamment Thébaud-Mony, A. & Volkoff S. (2005) Santé et conditions de travail des femmes In : Maruani M. Sexe et genre : l’état des savoirs La Découverte, Paris, 289/296).

Ban-Asbestos France : un combat contre l’amiante
Annie Thébaud-Mony s’engage en 1995 dans la création de l’association Ban-Asbestos France ("asbestos" soit "amiante" en anglais) aux côtés du toxicologue Henri Pézerat et de Patrick Herman, lanceur d’alerte sur l’amiante. L’association, qui est membre d’un réseau international va ensuite axer son travail sur 2 axes : Collecter et relayer toute l’information concernant l’amiante et Agir contre ses dangers tant au niveau des institutions que devant les tribunaux.
Interpellations des pouvoirs publics pour faire respecter la réglementation, prises de position et soutien aux victimes vont se succéder au grès des nombreux dossiers liés aux amiantes : reconnaissance de responsabilités industrielles, classement des sites amiante, opérations de désamiantage, relai d’informations sur les combats contre l’amiante dans le monde, soutien à l’inscription de l’amiante chrysotile sur la liste des substances dangereuses de la Convention de Rotterdam, demandes d’indemnisation et de reconnaissances des expositions à l’amiante pour les salariés exposés, procès Eternit de Turin, etc.
Le site de l’association est une vraie mine d’informations et permet de comprendre les enjeux qui restent malheureusement encore bien d’actualité du dossier amiante : l’exposition à l’amiante concerne en effet de nombreux professionnels (CMMP à Aulnay-sous-bois, usine Aubert & Duval aux Ancizes, faculté de Jussieu, Comédie Française, CHU de Caen, mines d’amiante en Corse, etc.), etc.

2012, procès Eternit : un procès historique contre l’amiante
Italie, 13 février 2012 : le tribunal de Turin condamne à 16 ans de prison les 2 accusés du procès de l’amiante en Italie, le suisse Stephan Schmidheiny, ex-propriétaire du groupe suisse Eternit et le belge Jean-Louis Cartier de Marchienne, ex-administrateur d’Eternit-Italie. Jugés responsables de la mort de près de 3000 personnes en Italie, il devront verser plusieurs dizaines de millions d’euros aux parties civiles. Ce jugement est une grande première, qui ouvre la voie à la reconnaissance de la responsabilité pénale des employeurs vis-à-vis des atteintes à la santé : ils sont ici reconnus coupables de "faute inexcusable". En juin 2013, la Cour d’appel de Turin confirmera la condamnation de Stephan Schmidheiny à 18 ans de prison pour désastre volontaire et négligence coupable, le juge reconnaissant le "préjudice d’exposition". Ce concept est issu de la "mise en danger" de la jurisprudence française dégagé lors du procès Alstom Power Boiler à Lille en 2006 au cours duquel un préjudice moral avait été reconnu pour les salariés du fait de l’anxiété liée à la peur de tomber malade d’un cancer.

Août 2012 : Annie Thébaud-Mony refuse la légion d’honneur
En août 2012, Annie Thébaud-Mony refuse la légion d’honneur : elle y voit "une forme d’indécence" et déclare : "Je viens de refuser la Légion d’honneur parce que ce n’est tout simplement pas le type de reconnaissance que j’attends au terme de toutes ces années d’engagement et de recherche scientifique sur les questions de santé au travail et de santé environnementale. Ce que j’attends, c’est que mon travail soit pris en compte et reconnu ; autrement dit, qu’il incite les pouvoirs publics à adopter un certain nombre de dispositions, ne serait-ce que pour faire respecter la loi."
Nous espérons vivement qu’elle finira par être entendue et félicitons Annie Thébaud-Mony pour son travail et son engagement sans faille.

Pour en savoir plus :

Article rédigé par Elisabeth Ruffinengo

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